Retailers snub Bercy meeting one month before annual talks
Océanie

Retailers snub Bercy meeting one month before annual talks

Les distributeurs conditionnent leur retour à la table des pourparlers

Négociations commerciales: à Bercy, les distributeurs persistent dans le boycott de la réunion préparatoire

À un mois de l’ouverture des négociations commerciales annuelles, réputées houleuses, la réunion préparatoire convoquée ce lundi 2 novembre à Bercy s’annonce sous tension. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes comme E. Leclerc, Carrefour et Intermarché, a annoncé qu’elle ne «participera(it) pas» à ce comité de préparation «tant que deux exigences fondamentales n’auront pas été reconnues et partagées par tous»: la transparence sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME. Initialement prévue le 28 octobre, la rencontre devait réunir industriels de l’agroalimentaire et distributeurs. Le rendez-vous est désormais sans l’un des deux camps.

Les industriels ne mâchent pas leurs mots face à cette absence. Dans un communiqué commun, l’Ania, Ilec, Culture Viande, La Coopération agricole et les industries avicoles fustigent le boycott des enseignes, estimant qu’il leur «évite surtout d’avoir à rendre compte de leurs propres pratiques». Pact’Alim, qui représente les PME et ETI de l’agro-industrie, a publié un communiqué distinct dans lequel l’organisation estime que «les prochaines négociations ne doivent pas reproduire les déséquilibres constatés ces dernières années».

Le contexte économique explique en partie cette montée en tension. Chaque année, du 1er décembre au 1er mars, supermarchés et fournisseurs alimentaires mènent des négociations, parfois brutales, qui déterminent in fine les prix en rayon, hors marques propres des distributeurs. Ces discussions sont régulièrement accusées de mettre sous pression la rétribution des agriculteurs. Alors que le cru 2026-2027 s’annonce particulièrement tendu et que l’inflation apparaît inéluctable, le gouvernement avait annoncé il y a deux semaines vouloir réunir les parties prenantes en amont, en vue d’un «pacte de responsabilité».

Du côté de Bercy, on cherche à apaiser le conflit. Le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin explique dimanche que les «directives» concerneront «l’ensemble des acteurs de ces négociations». Selon lui, «ça sera la recherche d’un équilibre entre le pouvoir d’achat des Français et une inflation importée qui pénalise nos agriculteurs et nos PME, et qu’il va falloir répercuter en priorité vers eux». L’exécutif tente ainsi de poser un cadre commun avant l’ouverture officielle des discussions, dans l’espoir de désamorcer un rapport de force qui s’installe dès la phase préparatoire.

Le cabinet du ministre estime par ailleurs que les revendications de la FCD sont déjà prises en compte dans les nouvelles dispositions de la loi d’urgence agricole. Celle-ci prévoit notamment que la date butoir pour la fin des négociations avec les PME est plus courte qu’avec le reste des industriels, afin d’éviter que les petites et moyennes entreprises ne soient «la variable d’ajustement» en fin de période de négociations. Un argument que le gouvernement espère suffisant pour ramener les enseignes à la table. Le détail de la réunion de ce lundi reste consultable dans la couverture du Figaro, accessible à cette adresse: https://www.lefigaro.fr/conso/negociations-commerciales-reportee-la-reunion-preparatoire-a-bercy-toujours-boycottee-par-les-distributeurs-ce-lundi-20261102

Reste à savoir si ce rapport de force préalable aux négociations trouvera une issue avant le 1er décembre. Pour les industriels comme pour les distributeurs, l’enjeu dépasse la simple question de calendrier: il s’agit de définir qui supportera le coût de l’inflation importée, dans un cycle où chaque maillon de la chaîne, des agriculteurs aux PME agroalimentaires, revendique une meilleure rétribution. Le «pacte de responsabilité» voulu par le gouvernement devra convaincre des parties qui, pour l’heure, ne parviennent même pas à s’accorder sur les conditions d’une réunion préparatoire.

Questions-réponses

Quelles sont les deux exigences de la FCD pour mettre fin au boycott ?

La transparence sur les coûts de la matière première agricole et un traitement différencié pour les PME, deux exigences que la fédération veut voir reconnues et partagées par tous.

Quand se déroulent les négociations commerciales annuelles et que déterminent-elles ?

Du 1er décembre au 1er mars, période durant laquelle supermarchés et fournisseurs alimentaires négocient des conditions qui déterminent les prix en rayon, hors marques propres des distributeurs.

Comment la loi d'urgence agricole répond-elle aux revendications des distributeurs ?

Elle prévoit une date butoir plus courte pour la fin des négociations avec les PME qu'avec le reste des industriels, afin d'éviter que les petites et moyennes entreprises ne servent de variable d'ajustement en fin de période.

Quel est l'enjeu du « pacte de responsabilité » voulu par le gouvernement ?

Selon le cabinet du ministre du Commerce Serge Papin, il s'agit de trouver un équilibre entre le pouvoir d'achat des Français et une inflation importée qui pénalise les agriculteurs et les PME, dont les coûts devront être répercutés en priorité vers eux.

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