Cessez-le-feu énergétique : ce que les ménages peuvent attendre
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Cessez-le-feu énergétique : ce que les ménages peuvent attendre

Entre déclarations et frappes, l'incertitude pèse sur l'électricité et les factures des foyers

Les cours du pétrole ont reculé lundi matin et les Bourses progressaient, après l’annonce par Donald Trump d’un “cessez-le-feu énergétique” entre la Russie et l’Ukraine. Une déclaration aux répercussions potentiellement directes sur l’approvisionnement énergétique mondial et, au bout du compte, sur le quotidien des ménages.

“Avec effet immédiat, un CESSER-LE-FEU ÉNERGÉTIQUE est instauré dans la guerre entre la Russie et l’Ukraine”, a déclaré le président américain tôt dimanche sur Truth Social. “Les deux parties ont donné leur accord. Ne le rompez pas !” Les deux principaux contrats sur le brut, le Brent et le WTI américain, ont chuté de plus de 1 % après cette déclaration, alors même qu’elle a suscité la stupéfaction à Kyiv, qui a affirmé que Moscou avait frappé plusieurs centrales électriques dans le pays.

Pour les citoyens ukrainiens, dont l’accès à l’électricité dépend précisément de ces centrales, l’annonce a de quoi troubler. Volodymyr Zelensky a semblé surpris, indiquant qu’il cherchait à en obtenir des précisions, tout en ajoutant que “l’Ukraine soutient le cessez-le-feu, et il est important que la Russie le soutienne aussi”. La Russie n’a pas encore confirmé son accord. Ce flou laisse planer l’incertitude sur la protection des infrastructures énergétiques dont dépendent des millions de personnes à l’approche de l’hiver.

Le message de Trump est intervenu après qu’il a appelé le président ukrainien à cesser les attaques contre les raffineries russes et affirmé qu‘“il est temps pour l’Ukraine d’avoir un nouveau président” qui mettrait enfin fin à la guerre. Si l’annonce a été saluée par les alliés de l’Ukraine, Trump a en revanche essuyé de vives critiques après avoir annoncé un assouplissement temporaire des sanctions américaines visant le diesel russe, une décision qui, selon des dirigeants européens et Kyiv, ne ferait qu’encourager le président russe Vladimir Poutine.

Parallèlement, la sécurité des populations du Golfe a été directement mise à mal ce week-end. Au moins douze personnes ont été tuées samedi à l’aéroport international de Riyad, l’attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus de dix ans, et une autre est décédée après une deuxième frappe dimanche. Ces attaques des Houthis marquent une nette escalade dans la guerre au Yémen, où Riyad soutient militairement depuis longtemps le gouvernement reconnu par la communauté internationale contre les Houthis. Ce groupe soutenu par l’Iran a revendiqué dimanche plusieurs attaques au cours des dernières 24 heures et menacé de continuer à viser les carrefours de transit du royaume, qu’il a décrits comme “un théâtre d’opérations pour nos forces”.

Malgré cette flambée de violence, la baisse des cours du pétrole a effacé la hausse initiale provoquée par les attaques. “Le marché ne paie plus pleinement une prime géopolitique à chaque nouvelle, et c’est probablement le signal le plus utile dans les mouvements de prix du matin”, a écrit Stephen Innes, de SPI Asset Management. “Une frappe est significative si elle menace des barils bien réels, des routes maritimes, des capacités de raffinage ou les coûts d’assurance ; sinon, le marché se montre de plus en plus réticent à payer plus simplement parce que le fil géopolitique clignote au rouge.” Selon lui, “le marché physique reste suffisamment tendu pour maintenir le Brent au-dessus de 100 $, mais les contrats à terme refusent de considérer chaque nouvelle escalade comme le début d’un nouveau choc inflationniste prolongé”, un élément qui pèse directement sur les prix à la pompe et les factures d’énergie des foyers.

Sur les places financières, les marchés européens ont ouvert dans le vert lundi matin, la plupart des secteurs régionaux et des grandes places boursières étant en hausse, tandis que les contrats à terme américains progressaient nettement. La baisse des prix du pétrole a soutenu la plupart des marchés asiatiques : Hong Kong, Sydney, Singapour, Wellington et Manille étaient tous orientés à la hausse en début de séance. Mais Séoul et Taipei ont été pénalisées par les pertes des fabricants de puces SK hynix, Samsung et TSMC. Tokyo était fermée en raison d’un jour férié.

Les investisseurs se préparent aussi à la publication de chiffres clés sur l’inflation et les ventes au détail aux États-Unis, qui pourraient jouer un rôle important dans les décisions de la Réserve fédérale en matière de taux d’intérêt. La banque doit se réunir fin octobre, et ses arbitrages auront des conséquences concrètes sur le coût du crédit pour les ménages. Autre rendez-vous attendu cette semaine : le début de la saison des résultats, avec les géants bancaires JP Morgan, Goldman Sachs et Bank of America qui doivent publier leurs chiffres. Les géants de la tech suivront plus tard dans le mois et en novembre, les traders souhaitant prendre la mesure des perspectives du secteur de l’intelligence artificielle au regard des sommes considérables qui y ont été investies ces dernières années.

Sur le marché des changes, l’indice du dollar se stabilisait à 102,16, le conflit au Moyen-Orient, qui s’intensifie, incitant les investisseurs à la prudence, tandis que l’euro restait accroché autour de 1,121 $ après cinq semaines de baisse consécutives sur fond d’inquiétudes liées aux finances publiques françaises. Le yen se maintenait à 158,24 par dollar, le risque d’une intervention japonaise dissuadant les spéculateurs. Toujours tôt lundi, l’or au comptant gagnait 0,1 % à 4 198 $ l’once, soutenu par un dollar plus faible et la baisse du pétrole, qui atténuaient les craintes d’inflation et de hausse des taux, tandis que l’argent progressait de 0,4 % à 61,02 $ l’once.

Reste à savoir si le cessez-le-feu annoncé tiendra. Pour les populations ukrainiennes exposées aux frappes sur leurs centrales comme pour les habitants du Golfe frappés par les attaques houthis, la réponse déterminera si cette accalmie des marchés se traduit par une véritable accalmie sur le terrain.

Questions-réponses

Qu'a annoncé Donald Trump sur Truth Social ?

Il a déclaré qu'avec effet immédiat un cessez-le-feu énergétique était instauré dans la guerre entre la Russie et l'Ukraine, affirmant que les deux parties avaient donné leur accord, alors que la Russie n'a pas confirmé et que Kyiv a été prise de court.

Pourquoi cette annonce préoccupe-t-elle les Ukrainiens ?

Leur accès à l'électricité dépend des centrales que Moscou a frappées, et le flou autour de l'accord laisse planer l'incertitude sur la protection des infrastructures énergétiques dont dépendent des millions de personnes à l'approche de l'hiver.

Quelles attaques ont visé l'Arabie saoudite ce week-end ?

Des attaques des Houthis ont tué au moins douze personnes samedi à l'aéroport international de Riyad, l'attaque la plus meurtrière sur le sol saoudien depuis plus de dix ans, et une autre personne est décédée après une deuxième frappe dimanche.

Quelles conséquences ces événements ont-ils sur les marchés et les ménages ?

Le Brent et le WTI ont chuté de plus de 1 % et les Bourses progressaient, mais le Brent devrait rester au-dessus de 100 $ selon Stephen Innes, un niveau qui pèse directement sur les prix à la pompe et les factures d'énergie des foyers.

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