Madagascar : les perquisitions hors cadre légal fragilisent l'État de droit sous Randriani
Océanie

Madagascar : les perquisitions hors cadre légal fragilisent l'État de droit sous Randriani

Des perquisitions sans mandat légal compromettent la crédibilité des institutions malgaches sous Randrianirina.

Madagascar : les perquisitions illégales mettent à l’épreuve les institutions du régime de la Refondation

Depuis octobre dernier, date à laquelle le colonel Randrianirina a pris le pouvoir, les institutions malgaches font face à une pratique systématique qui érode l’État de droit : des perquisitions conduites hors de tout cadre légal, parfois par des individus se réclamant directement de la présidence de la République. L’incident du 9 juillet 2026 à Ambohibao, en périphérie d’Antananarivo, impliquant des ressortissants étrangers, a placé le sommet de l’État dans une position particulièrement inconfortable et relance la question de la chaîne de commandement au sein des forces de sécurité.

Additional reference context is available at https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260714-madagascar-des-perquisitions-pol%C3%A9miques-embarrassent-le-pouvoir.

C’est la ministre de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, qui avait posé publiquement le premier jalon officiel dès février, en appelant les citoyens malgaches à dénoncer ces abus. Qu’un membre du gouvernement juge nécessaire de lancer un tel appel dit à lui seul l’ampleur du problème. Plusieurs militaires ont depuis été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison ferme. La réponse judiciaire existe, mais elle n’a pas suffi à endiguer le phénomène.

Les opérations ciblent principalement les proches de l’ex-président Andry Rajoelina, des chefs d’entreprise, d’anciens ministres et diverses personnalités politiques. Les autorités justifient officiellement ces interventions par des motifs liés à la sûreté de l’État. Or la légalité de ces perquisitions est régulièrement remise en cause : certaines sont menées à une heure du matin, en dehors des horaires autorisés par la loi, sans présentation d’aucun document officiel.

L’incident d’Ambohibao concentre toutes les ambiguïtés du dispositif. Une vingtaine d’hommes cagoulés, dont plusieurs armés, ont fait irruption au domicile de ressortissants chinois en se présentant comme des gendarmes agissant sur ordre de la présidence. Aucune pièce justificative n’a été produite. À l’issue de l’opération, plus de 200 millions d’ariarys (environ 40 000 euros), des devises étrangères et des bijoux avaient disparu.

La présidence de la République a formellement démenti toute implication et a appelé à l’arrestation de ceux qu’elle qualifie d’imposteurs. Ce démenti officiel, aussi net soit-il, soulève une question que les institutions ne peuvent esquiver : si la présidence n’a pas ordonné ces opérations, quels mécanismes de contrôle interne sont censés empêcher que ses forces de sécurité agissent en son nom sans mandat ? L’absence de réponse satisfaisante à cette question est, en soi, un indicateur de gouvernance.

Selon les informations rapportées par RFI (disponibles à l’adresse www.rfi.fr/fr/afrique/20260714-madagascar-des-perquisitions-pol%C3%A9miques-embarrassent-le-pouvoir), ces perquisitions sont désormais considérées comme monnaie courante sous le régime de la Refondation, traduisant une érosion notable de l’État de droit depuis l’accession au pouvoir du colonel Randrianirina.

L’appel de la ministre de la Justice en février, les condamnations judiciaires prononcées contre des militaires et le démenti présidentiel du 9 juillet forment ensemble un tableau révélateur : celui d’un régime contraint de réagir, après coup et publiquement, à des pratiques qui compromettent sa propre légitimité. Chaque réaction est tardive. Aucune n’a, pour l’instant, établi clairement qui autorise, tolère ou supervise ces opérations au sein de l’appareil d’État. Tant que cette question reste sans réponse institutionnelle formelle, la crédibilité des mécanismes de contrôle des forces armées malgaches demeurera en suspens.

Questions-réponses

Quels mécanismes institutionnels ont été activés face aux perquisitions illégales sous le régime de la Refondation ?

La ministre de la Justice Fanirisoa Ernaivo a appelé publiquement dès février les citoyens à dénoncer ces abus. Des militaires ont ensuite été reconnus coupables et condamnés à des peines de prison ferme. La présidence a également publié un démenti officiel après l'incident d'Ambohibao le 9 juillet 2026. Ces réactions restent toutefois tardives et n'ont pas établi de responsabilité institutionnelle claire.

Pourquoi l'incident d'Ambohibao du 9 juillet 2026 est-il particulièrement significatif sur le plan de la gouvernance ?

Une vingtaine d'hommes cagoulés et armés ont perquisitionné le domicile de ressortissants chinois en se réclamant de la présidence de la République, sans produire aucun document officiel. Plus de 200 millions d'ariarys, des devises étrangères et des bijoux ont disparu. Cet incident a mis en lumière l'absence de mécanismes de contrôle interne empêchant des individus d'agir au nom de la présidence sans mandat.

Qui sont les principales cibles des perquisitions menées hors cadre légal, selon les informations disponibles ?

Les opérations ciblent principalement les proches de l'ex-président Andry Rajoelina, des chefs d'entreprise, d'anciens ministres et diverses personnalités politiques. Les autorités justifient officiellement ces interventions par des motifs liés à la sûreté de l'État.

Quelles irrégularités procédurales caractérisent ces perquisitions selon l'article ?

Certaines perquisitions sont menées à une heure du matin, en dehors des horaires autorisés par la loi, et sans présentation d'aucun document officiel. La légalité de ces opérations est ainsi régulièrement remise en cause, illustrant une érosion notable de l'État de droit depuis l'accession au pouvoir du colonel Randrianirina.

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