À 2,38 euros le litre, les automobilistes espèrent un baume

À 2,38 euros le litre, les automobilistes espèrent un baume

Gazole : la prime grand rouleur et les baisses en station redonnent de l'air aux conducteurs

Pour des milliers d’automobilistes contraints de faire le plein à 2,38 euros le litre, un soulagement commence enfin à se dessiner. Au volant, entre deux trajets quotidiens devenus de plus en plus coûteux, beaucoup se demandaient combien de temps encore ils pourraient absorber la facture. C’est précisément à eux que s’adresse le message du ministre du Commerce Serge Papin, qui a estimé ce lundi 2 novembre sur RTL qu’il était désormais possible de «s’en sortir pour 1,75 euro le litre» de gazole, alors que «certains nous parlaient d’un gazole à 3 euros».

Ce calcul, le ministre l’a détaillé sans détour. «Si je prends le prix le plus bas (du diesel en France), en y ajoutant la prime grand rouleur, on peut être à 1,75 euro», a-t-il expliqué. Cette aide de 100 euros versée pour trois mois, sous condition de ressources, aux Français les plus modestes, représente selon lui l’équivalent de 40 centimes par litre. Un cas de figure «idéal», a-t-il concédé, «mais qui existe». Autrement dit, pour les conducteurs les plus exposés, ceux qui roulent beaucoup et disposent de revenus limités, la combinaison d’un prix plancher et de cette allocation change concrètement la donne au moment de passer à la pompe.

Sur le terrain, la baisse est déjà perceptible, même si elle reste inégale. Samedi, le litre de gazole s’affichait en moyenne à 2,38 euros, un niveau de quoi surprendre plus d’un automobiliste. Mais selon les données du gouvernement, environ 500 stations, sur un total de plus de 8500, proposaient déjà du diesel à 2,15 euros ce lundi matin. Le mouvement de fond est plus large encore. «Plus de la moitié des stations ont baissé les prix de 12 à 18 centimes, donc la grande majorité des Français ont accès à un prix qui a baissé», a martelé Serge Papin. Il a précisé que ces 50% de stations couvrent 80% des Français, un argument destiné à rassurer ceux qui, dans les zones mal desservies, craignaient de rester à l’écart du mouvement de baisse.

Derrière ces chiffres se cache une décision gouvernementale qui touche directement le quotidien des conducteurs: la libération des stocks stratégiques, destinés à alimenter les stations-service. C’est cette mesure qui doit faire baisser le prix du litre de 12 à 18 centimes. Pour les ménages qui dépendent de leur voiture pour travailler, emmener les enfants ou se rendre aux courses, chaque centime gagné au litre se traduit par une marge de manoeuvre retrouvée dans un budget déjà sous tension.

Le ministre a voulu inscrire cette action dans une logique de gestion au jour le jour. Le gouvernement, a-t-il jugé, «a fait les choses pour les trois mois qui viennent». Quant à la suite, il n’a pas cherché à dissimuler l’incertitude. «On verra ce qui va se passer dans trois mois, on s’adaptera», a-t-il promis, soulignant que «la crise se gère dans l’instant présent». Une formule qui reconnaît implicitement que le soulagement actuel, s’il est réel pour les automobilistes, n’a rien d’un retour à la normale garanti.

Pour les Français qui font le plein cette semaine, la réalité reste donc contrastée. Ceux qui trouvent une station parmi les 500 affichant 2,15 euros, ou parmi la moitié des stations ayant baissé leurs tarifs, verront la différence sur leur ticket de caisse. Ceux qui bénéficient en plus de la prime grand rouleur peuvent, selon les calculs du ministre, approcher ce seuil de 1,75 euro qu’il présente comme un horizon atteignable. Les détails de l’interview du ministre sont par ailleurs accessibles dans la presse de référence, notamment via ce lien: https://www.lefigaro.fr/conso/on-peut-avoir-du-gazole-a-1-75-euro-estime-le-ministre-serge-papin-20261102. Dans trois mois, la question se reposera, et ce sont à nouveau les mêmes conducteurs, les mêmes familles et les mêmes travailleurs mobiles qui en subiront ou bénéficieront les effets.

Questions-réponses

Comment le ministre justifie-t-il un gazole à 1,75 euro le litre?

Selon Serge Papin, en combinant le prix le plus bas du diesel en France avec la prime grand rouleur, équivalente à environ 40 centimes par litre, il est possible de s'en sortir pour 1,75 euro le litre.

Qu'est-ce que la prime grand rouleur?

C'est une aide de 100 euros versée pendant trois mois, sous condition de ressources, aux Français les plus modestes, représentant l'équivalent de 40 centimes par litre.

Combien de stations proposaient déjà du diesel à 2,15 euros?

Environ 500 stations sur plus de 8500 proposaient du diesel à 2,15 euros lundi matin, et plus de la moitié des stations ont baissé leurs prix de 12 à 18 centimes, couvrant 80% des Français.

Quelle décision gouvernementale doit faire baisser les prix à la pompe?

La libération des stocks stratégiques destinés à alimenter les stations-service, qui doit faire baisser le prix du litre de 12 à 18 centimes.