Bénéfice record de TotalEnergies : le débat fiscal relancé
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Bénéfice record de TotalEnergies : le débat fiscal relancé

Des profits exceptionnels qui interpellent les décideurs publics sur la régulation

Totalenergies publie un troisième trimestre record et relance le débat sur la fiscalité et la régulation du secteur pétrolier

La major pétrolière française a publié ses résultats du troisième trimestre, et ces chiffres offrent une nouvelle matière au débat public sur la manière dont les pouvoirs publics encadrent, ou non, les profits du secteur énergétique. Totalenergies a généré un bénéfice net de 8,26 milliards de dollars (7,4 milliards d’euros), en hausse de 124% sur un an. Un niveau que la classe politique et les ONG devraient une fois de plus commenter âprement, alors que les prix à la pompe grimpent et que le climat social s’est brutalement tendu en France.

Le résultat net ajusté s’est établi à 9,1 milliards de dollars, en progression de 128%. Par rapport au résultat net consolidé, ce résultat ajusté exclut certains éléments non récurrents, comme des variations de juste valeur. Le résultat opérationnel ajusté a été multiplié par plus de deux, à 9,7 milliards de dollars contre 4,7 milliards un an plus tôt. Quant au flux de trésorerie généré par les opérations, il a atteint 12,26 milliards de dollars, en hausse de 73% sur un an.

Ces performances dépassent les attentes du marché. Selon un consensus cité par Royal Bank of Canada, les analystes tablaient sur un bénéfice net ajusté de 8,9 milliards de dollars et un flux de trésorerie opérationnel de 12,1 milliards de dollars. “Nous nous attendons à une réaction légèrement positive à la publication des résultats du troisième trimestre de Totalenergies, les résultats étant légèrement supérieurs aux prévisions”, écrivait Barclays dans une note publiée avant l’ouverture du marché. En début de séance à Paris, l’action Totalenergies reculait toutefois de 0,8%.

Interrogé sur les moteurs de cette performance, Patrick Pouyanné, le PDG du groupe, a déclaré dans un communiqué : “Dans un environnement de prix élevés, marqué par des marges de raffinage à des niveaux historiques et un marché du gaz haussier, Totalenergies tire une nouvelle fois pleinement parti de son modèle intégré et de sa diversification géographique.”

La division d’exploration-production a été portée par la progression des prix de marché, eux-mêmes alimentés par la persistance du conflit au Moyen-Orient, avec un cours moyen du Brent de mer du Nord de 97 dollars au troisième trimestre contre 69,1 dollars sur la même période de 2025. Cette division a généré un résultat opérationnel ajusté en hausse de 50% sur un an, à 3,16 milliards de dollars. La division de gaz naturel liquéfié (GNL), dite “integrated GNL”, a vu son résultat opérationnel ajusté multiplié par plus de deux, à 1,9 milliard de dollars. Cette activité a été soutenue par une progression de 20% des prix de vente du GNL et par la performance des activités de négoce de GNL et de gaz “dans un contexte de marché haussier compte tenu de la poursuite du conflit sur le détroit d’Ormuz et de la saisonnalité de la demande”, explique l’entreprise.

Dans les activités “aval”, le résultat opérationnel ajusté a été multiplié par près de quatre, à 4,07 milliards de dollars. Les marges de raffinage en Europe ont fortement augmenté sur la période, avec une multiplication par quatre à 33,2 dollars le baril. “L’Aval réalise un trimestre record (…) la hausse de près de 10% des traitements des raffineries a permis de pleinement capturer les marges de raffinage historiquement élevées en Europe et dans le monde, les activités de négoce de pétrole maintenant une surperformance comparable à celle enregistrée aux deux trimestres précédents”, a expliqué Patrick Pouyanné. “Total tire parti des bouleversements observés dans les secteurs du GNL, du négoce pétrolier et du raffinage, malgré son exposition relativement importante au Moyen-Orient, tandis que la forte génération de trésorerie lui permet de rétablir rapidement la souplesse de son bilan”, appréciait HSBC dans une récente note.

Fort de ces résultats, Totalenergies a annoncé le versement d’un troisième acompte sur le dividende au titre de l’exercice 2026, à hauteur de 90 centimes par action, soit une hausse de 5,9% sur un an. Le groupe a par ailleurs confirmé qu’il rachèterait pour 2,5 milliards de dollars de ses propres actions au quatrième trimestre 2026 et au premier trimestre 2027. Royal Bank of Canada notait pour sa part, dans une récente note, que Totalenergies avait sous-performé ses rivaux, les autres majors pétrolières, depuis la publication de ses résultats semestriels, la banque canadienne attribuant cette tendance à la macroéconomie et à la politique française qui ont pesé sur le titre. Une analyse détaillée du titre est par ailleurs disponible sur https://www.tradingsat.com/totalenergies-FR0000120271/actualites/totalenergies-soutenu-par-le-bond-des-cours-du-petrole-et-la-bonne-sante-la-division-gnl-le-benefice-de-totalenergies-s-envole-de-plus-de-120-1172698.html.

C’est désormais aux décideurs publics qu’il reviendra de dire si un tel niveau de profit, dans un contexte social et climatique tendu, appelle un renforcement de la régulation du secteur.

Questions-réponses

Quel bénéfice Totalenergies a-t-elle réalisé au troisième trimestre ?

Un bénéfice net de 8,26 milliards de dollars (7,4 milliards d'euros), en hausse de 124% sur un an, et un résultat net ajusté de 9,1 milliards de dollars, en progression de 128%.

Qui devra trancher sur un éventuel renforcement de la régulation du secteur ?

Les décideurs publics, alors que la classe politique et les ONG devraient commenter âprement ces profits dans un contexte social et climatique tendu.

Quels facteurs expliquent cette performance selon Patrick Pouyanné ?

Des marges de raffinage à des niveaux historiques, un marché du gaz haussier lié au conflit au Moyen-Orient et au détroit d'Ormuz, ainsi que son modèle intégré et sa diversification géographique.

Quelles décisions de distribution le groupe a-t-il annoncées ?

Un troisième acompte de dividende de 90 centimes par action, en hausse de 5,9% sur un an, et un rachat de 2,5 milliards de dollars de ses propres actions au quatrième trimestre 2026 et au premier trimestre 2027.

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