Vidéo virale à Limoges : la police nie tout vol chez Lacoste

Vidéo virale à Limoges : la police nie tout vol chez Lacoste

Une séquence filmée depuis une fenêtre a mis en cause deux policiers, avant que la vérité n'émerge.

Dimanche, le gérant du magasin Lacoste de Limoges a retrouvé l’intégralité de son stock, saisi la veille par des policiers. Entre-temps, une vidéo le montrant, lui et son voisinage, sous un autre jour avait déferlé sur les réseaux sociaux : on y voyait deux motards de la police nationale devant sa boutique pillée, remplissant les sacoches de leur moto de chaussures. Des accusations de vol ont fuseau. La police et le parquet les démentent aujourd’hui avec force.

Tout commence samedi 17 octobre 2026, en marge d’une manifestation contre la vie chère et les conditions d’études. Ce jour-là, la boutique est pillée par des individus en fin de cortège. Depuis une fenêtre de la rue du Clocher, quelqu’un filme alors deux policiers casqués en train d’emporter des articles, vraisemblablement issus du magasin dégradé plus tôt dans la journée.

La séquence, reprise par plusieurs comptes et par des personnalités publiques comme le député LFI de l’Essonne Antoine Léaument, multiplie rapidement les vues. Les internautes y voient un vol commis par des policiers, qui auraient profité du passage des manifestants pour se servir dans la boutique.

Du côté des forces de l’ordre, la réponse est sans ambiguïté. La direction générale de la police nationale, par le biais de son service de communication, dénonce des propos “diffamatoires” et “une manipulation particulièrement ciblée sur nos effectifs”. Elle apporte un contexte précis : il s’agissait d’une saisie d’articles effectuée dans le cadre d’une procédure ouverte après l’interpellation d’un des voleurs de la boutique. Les objets devaient être remis à l’Officier de police judiciaire.

La procureure de la République de Limoges, Emilie Abrantes, confirme cette version dans un communiqué publié ce lundi 19 octobre. Les deux policiers avaient reçu “l’ordre de l’officier de la police judiciaire d’appréhender les effets immédiatement accessibles depuis la vitrine pour être exploités dans l’enquête initiée pour vol aggravé”, affirme-t-elle. La police comme le parquet précisent en outre que les articles saisis ont été “restitués au propriétaire de la boutique”.

Côté commerçant, on confirme avoir bien récupéré, dimanche, l’entièreté du stock saisi la veille. Le magasin, qui précise qu’aucun employé n’était présent dans la boutique au moment des faits, indique ne pas vouloir s’exprimer davantage sur cette affaire et se concentrer sur les réparations des dégâts. “On avait surtout des pieds parce qu’il ne restait plus beaucoup de paires…”, lâche-t-on du côté de l’enseigne.

Face à la diffusion massive de la vidéo, la procureure a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire “contre le ou les auteurs de cette vidéo, du chef de dénonciation calomnieuse”. Des faits pour lesquels la peine peut monter jusqu’à cinq ans d’emprisonnement. “Le parquet de Limoges entend fermement démentir ces allégations mensongères”, déclare Emilie Abrantes, qui ajoute : “Le parquet de Limoges tient à apporter son soutien à ces deux policiers illégitimement mis en cause dans l’exercice de leur mission au service de l’autorité judiciaire.”

L’affaire illustre la vitesse à laquelle une image, sortie de son contexte, peut circuler et désigner publiquement des personnes avant que les explications n’émergent. Pour les deux policiers filmés, pour le commerçant qui doit désormais réparer les dégâts dans sa boutique, et pour les internautes qui ont relayé les accusations, les conséquences de ces quelques secondes filmées depuis une fenêtre de la rue du Clocher dépassent largement le cadre des réseaux sociaux. Reste à savoir qui, au final, répondra devant la justice de cette séquence virale.

Questions-réponses

Que s'est-il passé dans la boutique Lacoste de Limoges le samedi 17 octobre 2026 ?

Le magasin a été pillé par des individus en fin de cortège d'une manifestation contre la vie chère et les conditions d'études, le samedi 17 octobre 2026.

Comment la police nationale a-t-elle réagi aux accusations de vol ?

La police nationale a dénoncé des propos diffamatoires et une manipulation ciblée sur ses effectifs, expliquant qu'il s'agissait d'une saisie d'articles dans le cadre d'une enquête pour vol aggravé, les objets devant être remis à l'Officier de police judiciaire.

Qu'a annoncé la procureure Emilie Abrantes ?

Elle a confirmé que les deux policiers avaient reçu l'ordre d'appréhender les effets accessibles depuis la vitrine pour l'enquête, précisé que les articles ont été restitués au propriétaire, et annoncé une enquête pour dénonciation calomnieuse contre les auteurs de la vidéo.

Où en est le commerçant après ces événements ?

Le gérant a confirmé avoir récupéré l'entièreté du stock dimanche ; le magasin, où aucun employé n'était présent lors des faits, ne souhaite pas s'exprimer davantage et se concentre sur les réparations des dégâts.