Données du personnel pénitentiaire exposées : l'UFAP UNSa alerte
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Données du personnel pénitentiaire exposées : l'UFAP UNSa alerte

Coordonnées d'agents accessibles en ligne : le syndicat réclame des mesures concrètes

Le syndicat UFAP UNSa Justice a rendu publique, depuis Pantin, une mise en garde sur l’exposition des données personnelles des personnels pénitentiaires : adresses, numéros de téléphone et coordonnées bancaires figurent désormais parmi les informations accessibles en quelques clics sur certains sites. Le communiqué, daté du 15 octobre 2026 et signé du secrétaire général Alexandre Caby, décrit une situation opérationnelle concrète. Des compilations de fuites successives, provenant d’organismes publics, d’enseignes commerciales et d’opérateurs téléphoniques, mettent à la disposition de n’importe quel internaute les coordonnées de millions de Français, parmi lesquels des agents pénitentiaires et leurs familles.

Pour le syndicat, le problème n’a rien d’abstrait. Le métier expose chaque jour les personnels aux personnes détenues, à leurs proches et à des réseaux criminels organisés. Face à des trafiquants toujours mieux organisés, et alors que le drame d’Incarville reste dans toutes les mémoires, un domicile ou un numéro personnel peut être retrouvé en quelques secondes. Les conséquences pratiques sont listées sans détour : menaces et intimidations jusque devant le domicile, familles et enfants identifiables et exposés, pressions et tentatives de corruption. « Ils savent où nous travaillons. Maintenant, ils peuvent savoir où nous vivons », résume le texte.

Sur le terrain de la mise en œuvre, le syndicat constate un écart entre la revendication et les résultats. L’anonymisation des personnels, inscrite dans la résolution générale du congrès de 2022 et portée par l’UFAP UNSa Justice depuis plusieurs années, n’a produit jusqu’ici que des avancées décrites comme en demi-teinte. La fuite massive démontre, selon le syndicat, que l’anonymisation ne peut pas s’arrêter aux procédures : elle doit couvrir toutes les données personnelles des agents. La saisine de la justice par la ministre du Numérique est qualifiée de premier pas, mais le syndicat estime que c’est aussi au garde des Sceaux d’agir pour protéger pleinement ses agents. « Notre sécurité ne s’arrête pas à la porte de l’établissement », souligne le communiqué.

Le cœur du propos porte sur les mesures d’exécution attendues. L’UFAP UNSa Justice exige d’abord une anonymisation totale des personnels, avec identification par matricule dans tous les actes et documents, qu’il s’agisse des comptes rendus d’incident, des procédures disciplinaires, des procès-verbaux, des pièces de procédure ou des courriers, ainsi que la protection de toutes les données personnelles des agents détenues par l’administration. Elle demande ensuite une riposte coordonnée entre les ministères de la Justice et de l’Intérieur : recensement des sites concernés, effacement des informations, signalement à la CNIL et blocage des plateformes et de leurs copies. Elle réclame également une enquête sur l’origine des fuites, confiée aux experts cyber de l’État.

Enfin, le syndicat veut des dispositifs de protection fonctionnelle effectivement pris en charge par l’administration : changement de numéro, sécurisation du domicile, aide au relogement en cas de menace avérée, y compris après le départ en retraite ou un changement d’affectation des agents. Autrement dit, des mesures qui suivent l’agent dans la durée, et pas seulement pendant sa présence dans un établissement.

Le communiqué s’achève sur une mise en pression directe des responsables de la mise en œuvre : « Faudra-t-il un drame pour que l’administration se réveille ? L’UFAP UNSa Justice exige des actes maintenant ! Derrière chaque fiche en ligne, il y a un agent et une famille à protéger. Pas de nom, pas de cible ! » Le texte est publié sur le site du syndicat, à l’adresse suivante : https://www.ufap.fr/lufap-unsa-justice-ne-lachera-rien-pas-de-nom-pas-de-cible/

Au-delà de la mobilisation syndicale, la question posée est celle du calendrier et des moyens : qui recense les sites, qui obtient leur effacement, qui instruit l’enquête sur l’origine des fuites, et selon quels délais. Tant que ces opérations ne sont pas engagées, l’écart entre les procédures d’anonymisation existantes et la protection réelle des données des agents demeurera, aux yeux de l’UFAP UNSa Justice, la mesure du problème.

Questions-réponses

Quelles données de personnels pénitentiaires sont exposées selon l'UFAP UNSa Justice ?

Des adresses, des numéros de téléphone et des coordonnées bancaires de personnels pénitentiaires et de leurs familles, accessibles en quelques clics via des compilations de fuites successives provenant d'organismes publics, d'enseignes commerciales et d'opérateurs téléphoniques.

Quelles mesures concrètes le syndicat exige-t-il ?

Une anonymisation totale avec identification par matricule dans tous les actes et documents, une riposte coordonnée Justice-Intérieur (recensement des sites, effacement, signalement à la CNIL, blocage des plateformes), une enquête sur l'origine des fuites confiée aux experts cyber de l'État, et des dispositifs de protection fonctionnelle pris en charge par l'administration.

Où en est la revendication d'anonymisation portée par le syndicat ?

Inscrite dans la résolution générale du congrès de 2022 et portée par l'UFAP UNSa Justice depuis plusieurs années, elle n'a produit que des avancées décrites comme en demi-teinte.

Que recouvre la protection fonctionnelle demandée par le syndicat ?

Le changement de numéro, la sécurisation du domicile et l'aide au relogement en cas de menace avérée, y compris après le départ en retraite ou un changement d'affectation des agents.

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