Sécurité nationale : le PMO de Ramgoolam au cœur d'une refonte institutionnelle majeure
Le PMO de Ramgoolam pilote une refonte des services de sécurité, entre nominations et réformes institutionnelles.
Le Prime Minister’s Office de Navin Ramgoolam se retrouve au centre d’une réorganisation sécuritaire d’envergure à Maurice, avec la nomination pressentie de Ramanooj Gopalsingh, ancien commissaire de police, comme conseiller auprès du bureau du Premier ministre. Cette perspective, dont la confirmation formelle est attendue prochainement, s’inscrit dans un chantier institutionnel plus vaste : la réforme globale de la force policière et la création d’une nouvelle entité, la National Crime Agency (NCA).
La question de la gouvernance du National Security Service (NSS) est la plus immédiate. L’ACP Mohunlall Madhow a été transféré vers la Southern Division à la suite de la diffusion publique d’un enregistrement sonore lors d’un congrès du Mouvement Socialiste Militant (MSM) à Grand-Bois vendredi dernier. Ce transfert, précipité par cet événement, a laissé la direction intérimaire du NSS au surintendant Rajeshwar Ramsawock. Selon des informations recueillies aux Casernes centrales, sa confirmation officielle dans ce rôle pourrait intervenir dans les prochaines heures. Ramsawack a rejoint le NSS en 2003 et y a progressivement gravi les échelons, décrit par ses pairs comme discret mais méthodique.
L’enregistrement lui-même soulève des questions directes sur la transparence au sommet de l’État. Il met en cause des voix attribuées à Karl Elysee, présenté comme ancien conseiller au PMO, et à David Thomas, décrit comme le bras droit de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga. Sa diffusion publique a eu des effets immédiats sur les affectations au sein du NSS. Ce qui aggrave la situation sur le plan institutionnel : selon les éléments disponibles, certains policiers auraient eu connaissance de l’existence de cet enregistrement bien avant sa diffusion la semaine dernière, sans que l’information ne remonte aux responsables concernés.
Ce défaut de remontée d’information est précisément ce qui alimente le climat de méfiance persistant au sein du NSS. Certains de ses éléments sont perçus comme proches de l’ancien régime. C’est dans ce contexte de loyautés ambiguës que la réorganisation de l’unité est envisagée, avec plusieurs mutations qui pourraient toucher prochainement des personnels actuellement en poste, affectés vers d’autres unités de la force policière.
Sur le plan de la continuité institutionnelle, le commissaire de police en titre, Rampersad Sooroojebally, demeure à la tête de l’ensemble de la force policière pendant cette période de transition. Sa position n’est pas remise en question par les informations disponibles. Mais la multiplicité des chantiers ouverts simultanément (réforme globale, mise en place de la NCA, restructuration du NSS, nomination probable d’un conseiller au PMO) illustre l’ampleur des décisions de gouvernance sécuritaire que les autorités entendent mener de front.
C’est là qu’intervient le profil de Gopalsingh. Âgé de 75 ans, il a quitté ses fonctions de commissaire de police en juillet 2008, après huit ans à la tête de l’institution. Son expérience au sein du NSS lui-même aurait pesé dans la décision de l’entourage de Ramgoolam de le solliciter à nouveau. En tant qu’Advisor au PMO, il devrait être associé à la réorganisation de cette unité sensible dont il connaît, selon les informations disponibles, les rouages en profondeur.
Le retour probable de Gopalsingh dans un rôle officiel, seize ans après sa sortie de la force policière, constitue un signal lisible sur la méthode choisie par le Premier ministre : s’appuyer sur une expertise institutionnelle ancienne pour encadrer des changements structurels qui touchent à la fois aux capacités opérationnelles et à l’équilibre des loyautés au sein des services de sécurité. Ce que la confirmation formelle de sa nomination, attendue prochainement, viendra préciser, c’est l’étendue exacte du mandat que le PMO entend lui confier.
Questions-réponses
Pourquoi l'ACP Mohunlall Madhow a-t-il été transféré vers la Southern Division ?
Son transfert a été précipité par la diffusion publique d'un enregistrement sonore lors d'un congrès du Mouvement Socialiste Militant à Grand-Bois, un événement qui a eu des effets immédiats sur les affectations au sein du National Security Service.
Quel est le rôle institutionnel envisagé pour Ramanooj Gopalsingh auprès du PMO ?
Gopalsingh, ancien commissaire de police ayant quitté ses fonctions en juillet 2008 après huit ans à la tête de l'institution, devrait être nommé Advisor auprès du bureau du Premier ministre et associé à la réorganisation du NSS, dont il connaît les rouages en profondeur.
Quels défaillances de gouvernance interne le NSS présente-t-il selon les informations disponibles ?
Certains policiers auraient eu connaissance de l'existence de l'enregistrement sonore bien avant sa diffusion publique, sans que l'information ne remonte aux responsables concernés. Ce défaut de remontée d'information alimente un climat de méfiance persistant, certains éléments du NSS étant perçus comme proches de l'ancien régime.
Quelles sont les grandes réformes institutionnelles menées simultanément par les autorités mauriciennes dans le domaine sécuritaire ?
Les autorités conduisent de front la réforme globale de la force policière, la création d'une nouvelle entité appelée National Crime Agency, la restructuration du NSS avec des mutations de personnels prévues, et la nomination probable d'un conseiller sécuritaire auprès du PMO.