La Réserve fédérale américaine tient, ce mercredi 26 septembre à 20h heure française, l’ensemble des marchés financiers en suspens. Sa décision de politique monétaire structure depuis plusieurs jours les anticipations des opérateurs, et c’est dans cette attente institutionnelle que le CAC 40 reprend marginalement de la hauteur, progressant de 0,46% à 8.127,12 points en début d’après-midi, après deux séances consécutives de repli qui l’avaient ramené sous les 8.100 points.
L’outil Fedwatch du CME Group attribue une probabilité de 92,5% à une hausse des taux directeurs d’un quart de point de pourcentage. Le marché a largement intégré cette hypothèse. Ce qui reste ouvert, en revanche, c’est la posture que le président de la Fed adoptera lors de la conférence de presse qui suivra l’annonce, et les engagements qu’il choisira, ou non, de formuler sur la suite du cycle monétaire.
C’est précisément cette question institutionnelle que les analystes placent au centre de leur lecture. “Le véritable enjeu sera le ton de Kevin Warsh sur la suite du cycle monétaire. À moins que le Président nous réserve une surprise…”, commente John Plassard de Cité Gestion. Nicolas Rajner, directeur des investissements de la banque Richelieu, privilégie l’hypothèse d’un “dovish hike” : “une hausse de taux bien réelle, mais un ton en conférence de presse plus mesuré que ce qu’attend le marché.” L’orientation des marchés dépendra donc moins de la décision elle-même que de la lecture que les investisseurs feront des signaux envoyés par la banque centrale.
Par ailleurs, des perturbations géopolitiques alimentent les tensions sur les approvisionnements énergétiques. Deutsche Bank signale que Reuters a rapporté, selon des sources du secteur maritime, la suspension des chargements de pétrole au terminal d’exportation de Yanbu, en Arabie saoudite, contraignant certaines raffineries européennes à annuler leurs livraisons prévues en septembre. La banque allemande mentionne également des informations en provenance de Libye faisant état de la suspension de la production dans trois champs pétroliers, et souligne que l’absence de tout signe d’une réouverture prochaine du détroit d’Ormuz renforce les craintes d’une perturbation plus généralisée de l’approvisionnement mondial.
Malgré ce contexte tendu, les cours reculent en séance. Le contrat de novembre sur le Brent de mer du Nord cède 1,5% à 107,16 dollars le baril, tandis que le contrat d’octobre sur le WTI coté à New York abandonne 2,33% à 103,31 dollars le baril.
Du côté des valeurs composant l’indice, les révisions d’analystes se traduisent directement dans les cours. Berenberg a dégradé son opinion sur Stellantis, passant de “acheter” à “conserver”, et estime que Renault devra faire face à une concurrence chinoise accrue susceptible de peser sur ses marges, anticipant en outre une année 2027 “difficile” pour le constructeur au losange. Résultat : Renault accuse la plus forte baisse de l’indice avec un recul de 4,3%, et Stellantis perd 2,2%.
À l’opposé, JPMorgan a relevé sa recommandation sur Soitec à “surpondérer”, propulsant le titre en hausse de 13%. Vallourec progresse quant à lui de 5,8% après l’annonce d’un contrat significatif portant sur la fourniture de 15.000 tonnes de tubes sans soudure en acier carboné pour le projet Sepia 2 de Petrobras au Brésil.
Sur le marché des changes, l’euro demeure quasi stable face au dollar, cédant 0,03% à 1,1538 dollar. L’ensemble de la séance reste suspendu à ce que la Fed annoncera en soirée, et surtout à la manière dont son président formulera, ou éludera, les orientations futures d’une politique monétaire dont les marchés scruteront chaque mot.