CNC et Région Réunion financent un documentaire sur le moring prévu en 2025
Deux institutions publiques financent un documentaire sur un art martial issu des routes de l'esclavage.
Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) et la Région Réunion ont accordé leur soutien financier à un documentaire inédit de 52 minutes consacré au moring, art de combat ancestral né dans l’océan Indien, dont la diffusion est prévue en 2025 sur Réunion la 1ère et France Télévisions. Ce choix d’allocation de ressources publiques engage directement la responsabilité de deux institutions dont les mandats incluent explicitement la préservation et la valorisation des patrimoines culturels.
L’oeuvre, intitulée “Moring, sur les routes de l’esclavage” et réalisée par Sami Chalak, est coproduite par France Télévisions, Réunion la 1ère, Wide Productions et Alefa Production. Le statut d’inédit et la durée standard de 52 minutes confirment qu’il s’agit d’une commande originale, ce qui suppose une décision délibérée des coproducteurs et de leurs partenaires publics d’allouer des ressources à ce sujet précis, longtemps tenu à l’écart des écrans du service public.
Ce soutien institutionnel dépasse le cadre strictement artistique. En finançant un documentaire consacré à un héritage historiquement marginalisé, le CNC et la Région Réunion assument une responsabilité publique, celle de rendre visible une mémoire collective liée à l’esclavage, reliant Madagascar, les Comores, La Réunion et le Mozambique. Ce type de décision s’inscrit dans les politiques de reconnaissance et de transmission des mémoires douloureuses, un champ dans lequel les institutions culturelles publiques françaises sont régulièrement appelées à rendre des comptes.
France Télévisions, opérateur public de l’audiovisuel, y joue un double rôle, à la fois diffuseur et coproducteur. Sa présence soulève la question de la politique de programmation des contenus patrimoniaux et mémoriels sur les antennes du service public. Réunion la 1ère, chaîne du réseau Outre-mer la 1ère rattachée à France Télévisions, apparaît comme le vecteur territorial naturel de cette diffusion, compte tenu de l’ancrage géographique et historique du sujet dans le sud-ouest de l’océan Indien.
Le documentaire, tel que présenté sur la plateforme professionnelle de France Télévisions accessible à l’adresse https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/78179422, décrit le moring non comme un simple art martial, mais comme un patrimoine vivant, façonné par des siècles de résistance et de survie des populations esclavisées et engagées. Le film remonte les anciennes routes de l’esclavage pour en exposer la complexité et la dimension partagée. Le corps y est traité comme une archive vivante, un espace de transmission où le passé s’incarne dans le présent à travers chaque geste, chaque rythme, chaque chant.
Sur le plan de la gouvernance culturelle, l’orientation choisie par France Télévisions et ses partenaires institutionnels traduit un positionnement clair en faveur de la reconnaissance des mémoires historiquement marginalisées. Le moring, longtemps confiné à des espaces de transmission informels, accède ainsi à la visibilité que confère le service public audiovisuel.
L’approche sensible et engagée portée par Sami Chalak à l’écriture et à la réalisation propose une immersion dans une pratique toujours vivante, qui relie les peuples du sud-ouest de l’océan Indien au-delà des frontières géographiques et temporelles. Reste à savoir, à l’approche de la diffusion en 2025, dans quelle mesure d’autres héritages similaires, nés de ces mêmes routes de l’esclavage, bénéficieront à leur tour de commandes originales au sein des grilles du service public.
Questions-réponses
Quelles institutions publiques ont accordé leur soutien financier à ce documentaire et quelles responsabilités cela engage-t-il?
Le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) et la Région Réunion ont financé le projet. Ce choix engage directement leur responsabilité publique, leurs mandats incluant explicitement la préservation et la valorisation des patrimoines culturels.
Quel est le rôle institutionnel de France Télévisions dans ce projet?
France Télévisions, opérateur public de l'audiovisuel, y joue un double rôle: celui de diffuseur et celui de coproducteur. Sa présence soulève la question de la politique de programmation des contenus patrimoniaux et mémoriels sur les antennes du service public.
Comment ce financement s'inscrit-il dans les politiques publiques de mémoire?
En finançant un documentaire consacré à un héritage historiquement marginalisé lié à l'esclavage, le CNC et la Région Réunion s'inscrivent dans les politiques de reconnaissance et de transmission des mémoires douloureuses, un champ dans lequel les institutions culturelles publiques françaises sont régulièrement appelées à rendre des comptes.
Quels partenaires privés sont associés à ce projet de commande publique originale?
Le documentaire est coproduit par Wide Productions et Alefa Production, aux côtés des partenaires publics France Télévisions et Réunion la 1ère. Il est réalisé par Sami Chalak et sa diffusion est prévue en 2025.