MTEFoP et CCIMM liés par un accord triannuel sur la mobilité du travail

MTEFoP et CCIMM liés par un accord triannuel sur la mobilité du travail

Une convention triannuelle formalise les obligations du MTEFoP et de la CCIMM en matière de recrutement migrant.

Le 18 août 2026, le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Fonction publique de Madagascar (MTEFoP) a signé avec la Chambre de Commerce et d’Industrie Maurice-Madagascar (CCIMM) une convention-cadre de coopération qui engage formellement les deux institutions sur trois ans. Cet instrument juridique délimite les obligations respectives de chaque partie dans la gestion de la mobilité des travailleurs malgaches vers l’Île Maurice, posant ainsi un cadre réglementaire là où la pratique restait jusqu’ici peu encadrée.

Les responsabilités confiées au MTEFoP sont précises et contraignantes. Le ministère devra assurer l’accompagnement administratif et juridique des ressortissants malgaches souhaitant exercer une activité professionnelle à l’étranger, informer les candidats sur les offres d’emploi disponibles, surveiller les procédures de recrutement et veiller à la protection des droits des travailleurs migrants. Ces attributions font du ministère le garant institutionnel des conditions dans lesquelles les départs sont organisés et les contrats conclus.

De son côté, la CCIMM hérite d’un mandat d’interface. La chambre consulaire devra faciliter les échanges entre les institutions publiques, les entreprises et les acteurs du recrutement, diffuser l’information sur les besoins du marché du travail mauricien et contribuer à la valorisation des compétences malgaches à l’international. Ce positionnement lui confère une fonction régulatrice au sein du dispositif, à mi-chemin entre les structures privées et les autorités publiques.

L’accord repose sur un objectif déclaré de légalisation et de sécurisation de la mobilité professionnelle. La convention mentionne explicitement la volonté de créer un cadre légal, sécurisé et bénéfique pour les deux pays, formulation qui traduit une reconnaissance institutionnelle du risque que représente une mobilité non encadrée, notamment en matière de droits et de conditions d’emploi.

Sur le plan économique, la convention reconnaît dans le marché mauricien une opportunité réelle pour les travailleurs malgaches, en raison du dynamisme de ce territoire et de sa proximité géographique avec Madagascar. L’accord entend mieux organiser les démarches de recrutement afin que cette opportunité profite aux travailleurs dans des conditions conformes aux engagements pris par les deux signataires.

Ce qui change concrètement : la durée de trois ans fixée pour cet accord soumet les deux institutions à une obligation de résultats mesurable. La clarté des mandats respectifs du MTEFoP et de la CCIMM fournit un cadre de référence à partir duquel l’effectivité des mesures promises pourra être évaluée.

Les questions de transparence dans le suivi des procédures de recrutement, de contrôle des conditions de travail des migrants et de mise en oeuvre des protections juridiques annoncées resteront au coeur de l’attention que mérite cet accord dans les mois à venir. Reste à savoir si les mécanismes de suivi prévus seront suffisamment robustes pour garantir que les engagements pris le 18 août se traduisent en pratiques vérifiables sur le terrain.

Questions-réponses

Quelles sont les obligations précises confiées au MTEFoP dans le cadre de cette convention?

Le MTEFoP doit assurer l'accompagnement administratif et juridique des ressortissants malgaches souhaitant travailler à l'étranger, les informer sur les offres d'emploi disponibles, surveiller les procédures de recrutement et veiller à la protection des droits des travailleurs migrants.

Quel rôle la CCIMM est-elle appelée à jouer dans ce dispositif?

La CCIMM hérite d'un mandat d'interface: elle doit faciliter les échanges entre institutions publiques, entreprises et acteurs du recrutement, diffuser l'information sur les besoins du marché du travail mauricien et contribuer à la valorisation des compétences malgaches à l'international.

Pourquoi la durée de trois ans de l'accord est-elle significative sur le plan de la gouvernance?

Cette durée soumet les deux institutions à une obligation de résultats mesurable et fournit un cadre de référence à partir duquel l'effectivité des mesures promises pourra être évaluée, renforçant ainsi la redevabilité des signataires.

Quels risques l'accord cherche-t-il à encadrer, et quelles questions de suivi demeurent ouvertes?

L'accord vise à réduire les risques liés à une mobilité professionnelle non encadrée, notamment en matière de droits et de conditions d'emploi. Les questions de transparence dans le suivi des recrutements, de contrôle des conditions de travail des migrants et de mise en oeuvre des protections juridiques restent ouvertes, en fonction de la robustesse des mécanismes de suivi prévus.