La Réunion renforce son cadre légal pour protéger le bichique face à l'effondrement des st
Un nouveau cadre réglementaire pluriannuel encadre désormais la pêche du bichique à La Réunion pour tenter d'enrayer l'extinction de l'espèce.
Réglementation bichique à La Réunion : un dispositif institutionnel face à l’effondrement d’une espèce protégée
Le 28 août prochain, un cadre réglementaire entièrement refondu entrera en vigueur à La Réunion pour régir la pêche du bichique, inaugurant une saison qui courra jusqu’au 21 février 2027. Ce dispositif traduit la réponse des autorités à une dégradation continue des stocks depuis l’an 2000 et engage leur mandat de protection d’une ressource naturelle classée en danger d’extinction.
L’architecture du cadre repose sur un calage du calendrier de pêche sur les cycles lunaires. Chaque saison comprendra désormais six lunes bichiques consécutives, les seuils d’ouverture et de fermeture étant alignés sur les pleines lunes. Les autorités ont planifié cinq saisons successives avec précision : du 28 août 2026 au 21 février 2027, du 16 septembre 2027 au 11 mars 2028, du 4 septembre 2028 au 28 février 2029, du 24 août 2029 au 18 février 2030, et du 11 septembre 2030 au 9 mars 2031. Cette programmation pluriannuelle confère au dispositif une stabilité réglementaire affichée, tout en réservant aux décideurs la possibilité d’une révision à l’issue de cinq ans d’observation.
Le fondement scientifique est explicitement formulé dans le texte réglementaire. L’espèce Cotylopus acutipinnis, cabot bouche-ronde endémique de La Réunion et de Maurice, est classée en danger d’extinction selon les critères des listes rouges régionales de l’UICN. L’objectif institutionnel affiché consiste à stabiliser puis à reconstituer les stocks sur cet horizon de cinq ans. Ce caractère évolutif soumet les instances de gestion à une obligation de résultat implicite, dont la révision périodique constituera le moment de vérité.
Sur le plan opérationnel, le cadre réglementaire distingue clairement les catégories de pêcheurs autorisées et les zones d’exercice correspondantes. Les pêcheurs professionnels bénéficient d’un accès à toute heure et sont seuls habilités à opérer dans le domaine public maritime, en aval de la limite transversale de la mer. Les pêcheurs de loisir et amateurs sont, eux, cantonnés en amont de la limite de salure des eaux, avec des horaires stricts : de une demi-heure avant le lever du soleil à une demi-heure après le coucher du soleil. Une zone intermédiaire, comprise entre la limite transversale de la mer et la limite de salure des eaux, demeure ouverte aux deux catégories pour la pêche à pied.
Les obligations déclaratives forment un autre pilier du contrôle institutionnel. Chaque pêcheur est tenu de déclarer ses captures, plafonnées à trois kilogrammes par jour. La vente du bichique reste strictement interdite. En rivière, seuls deux engins sont admis, la vouve et le goni, limitant les modes de capture aux techniques traditionnelles jugées compatibles avec la reconstitution des stocks.
Ce dispositif encadre strictement la pratique, adossé à des critères biologiques et à des obligations de transparence des prélèvements, engageant directement la responsabilité des instances de gestion concernées.
Des informations complémentaires sur ce cadre sont accessibles à l’adresse suivante : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/calee-sur-le-calendrier-lunaire-la-peche-bichique-debute-le-28-aout-a-la-reunion-1728979.html
La question qui demeurera ouverte à l’issue des cinq premières années est simple : les autorités disposeront-elles des données de captures déclarées en quantité et en qualité suffisantes pour évaluer honnêtement si le pari de la reconstitution a été tenu ?
Questions-réponses
Quand le nouveau cadre réglementaire sur la pêche du bichique entre-t-il en vigueur et quelle est sa durée de programmation ?
Le dispositif entre en vigueur le 28 août 2026 et couvre cinq saisons successives jusqu'au 9 mars 2031, avec une possibilité de révision à l'issue de cette période quinquennale.
Quel est le fondement scientifique invoqué par les autorités pour justifier ce cadre réglementaire ?
Le texte réglementaire s'appuie sur le classement de l'espèce Cotylopus acutipinnis en danger d'extinction selon les critères des listes rouges régionales de l'UICN. L'espèce est un cabot bouche-ronde endémique de La Réunion et de Maurice, dont les stocks se dégradent continuellement depuis l'an 2000.
Quelles obligations de contrôle et de transparence le dispositif impose-t-il aux pêcheurs ?
Chaque pêcheur est tenu de déclarer ses captures, plafonnées à trois kilogrammes par jour. La vente du bichique est strictement interdite. En rivière, seuls deux engins traditionnels sont admis : la vouve et le goni.
Comment le cadre réglementaire distingue-t-il les droits d'accès entre pêcheurs professionnels et pêcheurs de loisir ?
Les pêcheurs professionnels bénéficient d'un accès à toute heure et sont seuls habilités à opérer dans le domaine public maritime, en aval de la limite transversale de la mer. Les pêcheurs de loisir et amateurs sont cantonnés en amont de la limite de salure des eaux, avec des horaires stricts allant d'une demi-heure avant le lever du soleil à une demi-heure après le coucher du soleil.