Santé publique France recense désormais 28 cas de Mpox à La Réunion depuis janvier 2026, dont cinq cas autochtones, selon le dernier point sanitaire hebdomadaire publié par l’organisme national. Trois nouveaux cas s’ajoutent depuis le début du mois d’août, portant à cinq le total déclaré depuis juillet. Ces cas présentaient leurs premiers symptômes dès juin, ce qui soulève des questions concrètes sur les délais de déclaration et sur la capacité des dispositifs épidémiologiques en place à capter les signaux précoces.
L’Agence régionale de santé se trouve en première ligne pour la gestion territoriale de ces données. Les cas importés concernent exclusivement des hommes ayant séjourné à Madagascar, et la principale exposition à risque rapportée est un rapport sexuel. Cette configuration oblige les autorités sanitaires à articuler leur dispositif de surveillance avec les flux de personnes entre La Réunion et Madagascar, un enjeu qui relève de la coordination entre l’ARS, Santé publique France et, potentiellement, les autorités consulaires et sanitaires de la région. La traçabilité des cas importés est ici un critère direct d’efficacité institutionnelle.
Sur le front de la leptospirose, les données transmises à l’ARS au 2 août font état de 235 cas autochtones depuis le début de l’année. L’épidémie a principalement frappé l’île entre janvier et avril avant de ralentir progressivement. Trois nouveaux cas ont néanmoins été enregistrés depuis le début du mois d’août. Ce mouvement de décélération ne dispense pas les services de l’agence de maintenir leur dispositif de veille, une obligation de continuité qui s’impose indépendamment de la tendance conjoncturelle.
Le reste du bulletin hebdomadaire de Santé publique France offre un tableau plus favorable. Les maladies placées sous surveillance régulière, notamment la dengue, le chikungunya et les syndromes grippaux, affichent une situation décrite comme apaisée. Cette stabilisation relative ne modifie pas le mandat de suivi continu dont Santé publique France et l’ARS sont conjointement chargées.
La publication régulière de ces points sanitaires constitue en elle-même un mécanisme de transparence institutionnelle. Elle fournit aux élus, aux professionnels de santé et à la population une base factuelle commune pour évaluer l’action des pouvoirs publics. Dans un territoire ultramarin où les circulations humaines avec les îles voisines sont intenses, la capacité des agences à identifier l’origine des cas importés et à cartographier les vecteurs de transmission reste un indicateur central de la performance du dispositif en place.
La question qui demeure ouverte est celle de la coordination entre les autorités sanitaires de La Réunion et leurs homologues malgaches : sans coopération en amont, la surveillance à l’arrivée ne peut, seule, suffire à contenir des flux d’importation qui semblent s’inscrire dans la durée.