La fin du couvre-feu a été officiellement annoncée ce lundi soir par le Premier ministre de l’Île Maurice, Navin Ramgoolam, marquant le retour au calme après les violentes manifestations qui ont secoué l’île la semaine dernière. Le chef du gouvernement avait auparavant allégé la restriction le week-end, la ramenant de 20h30 à 5h à une plage de 22h à 4h30. Le décret initial, entré en vigueur le lundi 12 octobre 2026, couvrait dix-sept zones sensibles.
La mesure n’a pas suffi à dissuader les manifestants de descendre dans les rues pour confronter les forces de l’ordre. Au fil des jours, le nombre de participants a diminué, laissant place à des casseurs plus jeunes. Des enquêtes sont toujours en cours pour déterminer les raisons de leur présence nocturne et leur implication dans les dégâts matériels.
Au-delà de la sécurité, M. Ramgoolam a placé la réponse institutionnelle sous le signe de la consultation. Il a souligné l’urgence d’un processus général impliquant des ONG et des spécialistes de terrain. Objectif affiché : comprendre comment le pays est parvenu à cette situation, et surtout créer les conditions nécessaires pour que les jeunes Mauriciens puissent réaliser leurs aspirations.
Parallèlement, le système judiciaire a entamé les procédures d’imputabilité. Les poursuites ont été engagées contre le tireur présumé et plusieurs policiers pour non-assistance en danger, suite à l’incident initial survenu le vendredi 9 octobre 2026, vers 23h30 à Camp-Levieux. Ce soulèvement avait été déclenché par le tir accidentel d’un policier. Après les faits, l’auteur du coup de feu et ses collègues auraient quitté les lieux sans apporter d’aide à la blessée.
Le sergent présumé, Gautam Singh Taukoor, âgé de 57 ans, demeure en détention provisoire. Une nouvelle audience devant le tribunal de Rose-Hill est fixée au 26 octobre 2026. Selon le journal Le Mauricien, il est poursuivi pour “utilisation d’une arme à feu pour intimider” ainsi que pour “blessures et coups involontaires par imprudence”.
Ses trois subordonnés, eux, comparaissaient devant le même tribunal ce lundi 19 octobre 2026. Leurs demandes de remise en liberté sous caution ont été acceptées. Chacun doit verser 25 000 roupies mauriciennes (471,36 euros) et signer une reconnaissance de dette de 100 000 roupies mauriciennes, soit 1885,45 euros.
L’incident initial avait impliqué une jeune mère de 27 ans, grièvement blessée à la mâchoire. Le ministère de la Santé a fait venir une équipe médicale d’Inde pour la sauver. Après plusieurs heures d’incertitude, le ministère et le mari de la jeune femme ont confirmé le succès de l’opération, permettant à la victime de se déplacer à nouveau avec l’aide d’un déambulateur. Au moment des faits, elle se trouvait dans une fourgonnette en route pour son travail. Le témoignage du conducteur, s’il est confirmé, laisse peu de place au doute quant à la responsabilité de l’auteur du tir.
Reste une question ouverte pour les institutions mauriciennes : la consultation générale annoncée par le Premier ministre parviendra-t-elle à répondre aux attentes qui ont alimenté la colère des rues ?