Madagascar : l'OMH valide une hausse des prix du carburant sous le nouveau cadre réglement
L'OMH et l'État malgache actent la première révision tarifaire du carburant sous le régime ordinaire d'ajustement automatique.
Madagascar : le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants produit sa première hausse depuis son rétablissement par décret
C’est l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), organisme public chargé de la régulation du secteur des hydrocarbures, qui a validé avec l’État la première révision tarifaire depuis le rétablissement du cadre réglementaire en juillet 2026. Depuis samedi, le litre de super sans-plomb 95 coûte 5 300 ariary à la pompe, soit une hausse de 200 ariary, l’équivalent de 1,06 euro.
Additional reference context is available at https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/madagascar-le-litre-du-super-sans-plomb-a-augmente-samedi-de-200-ariary-1736042.html.
Cydolain Raveloson, directeur général de l’OMH, a confirmé la décision dans des déclarations rapportées par L’Express de Madagascar. En tant qu’autorité compétente pour la mise en oeuvre du mécanisme tarifaire, l’OMH occupe une position centrale dans la chaîne de responsabilité : c’est lui qui instruit les révisions et les soumet à la validation de l’État.
Ce premier ajustement à la hausse intervient dans un contexte réglementaire précis. Selon le site 2424.mg, dont les informations sont relayées par la1ere.franceinfo.fr, le décret relatif à l’état d’urgence énergétique, adopté en août, n’a pas été renouvelé. Le régime d’exception est donc arrivé à son terme sans prolongation, laissant le mécanisme ordinaire d’ajustement automatique reprendre pleinement son rôle. C’est dans ce cadre ordinaire, et non plus sous un régime dérogatoire, que s’inscrit désormais la gouvernance tarifaire du secteur.
Par contraste, les prix du gasoil et du pétrole lampant sont maintenus à leurs niveaux antérieurs. Le litre de gasoil reste fixé à 4 860 ariary (0,97 euro) ; le pétrole lampant demeure à 3 710 ariary (0,74 euro). Ce gel tarifaire différencié traduit un choix de politique publique explicite. Le gasoil alimente les transports collectifs, bus, taxi-brousse et train, qui constituent les modes de déplacement privilégiés pour les longs trajets à Madagascar, dans un pays où seuls 1,5 % des habitants possèdent un véhicule personnel (6 % dans la capitale, Antananarivo). Toute hausse sur cette catégorie se serait immédiatement répercutée sur le coût du transport commun.
Le maintien du prix du pétrole lampant relève, lui, d’une protection tarifaire implicite pour les ménages les plus vulnérables. Ce carburant demeure le principal moyen d’éclairage nocturne pour les foyers à faibles revenus. Le gel de son tarif constitue une décision d’administration des prix à caractère social, dont les autorités ont assumé la reconduction.
La portée réelle de la hausse de 200 ariary sur le sans-plomb 95 ne peut s’apprécier qu’au regard du niveau de revenus de la population. En 2026, le salaire net mensuel moyen se situait entre 149 564,92 ariary (30 euros) et 249 274,86 ariary (50 euros). Dans ce contexte, une variation même minime du prix des hydrocarbures pèse sur le budget des classes moyennes. La décision de l’OMH, validée par l’État, traduit un arbitrage difficile entre les contraintes du marché international des hydrocarbures et la capacité contributive des ménages malgaches.
Le rétablissement du mécanisme ordinaire d’ajustement automatique, après la période d’urgence énergétique, soulève désormais une question de gouvernance concrète : à quelle fréquence l’OMH soumettra-t-il de nouvelles révisions tarifaires à l’État, et selon quels critères de déclenchement ? La prévisibilité de ce cadre réglementaire, et sa transparence pour les usagers comme pour les opérateurs du secteur, sera le véritable test de sa robustesse dans les mois à venir.
Questions-réponses
Quel organisme a validé la hausse du prix du carburant à Madagascar, et quel est son rôle institutionnel ?
C'est l'Office malgache des hydrocarbures (OMH), organisme public chargé de la régulation du secteur des hydrocarbures, qui a instruit la révision tarifaire et la soumise à la validation de l'État. Il occupe une position centrale dans la chaîne de responsabilité en matière de gouvernance tarifaire.
Pourquoi cette hausse intervient-elle maintenant, et quel cadre réglementaire s'applique désormais ?
Le décret relatif à l'état d'urgence énergétique, adopté en août, n'a pas été renouvelé. Son expiration a mis fin au régime dérogatoire, permettant au mécanisme ordinaire d'ajustement automatique des prix de reprendre pleinement son rôle. C'est dans ce cadre ordinaire que s'inscrit désormais la gouvernance tarifaire du secteur.
Pourquoi les prix du gasoil et du pétrole lampant ont-ils été maintenus, contrairement au sans-plomb 95 ?
Le gel du gasoil (4 860 ariary le litre) protège les usagers des transports collectifs, bus, taxi-brousse et train, dans un pays où seuls 1,5 % des habitants possèdent un véhicule personnel. Le maintien du prix du pétrole lampant (3 710 ariary) constitue une protection tarifaire à caractère social pour les ménages à faibles revenus qui en dépendent pour l'éclairage nocturne.
Quelle question de gouvernance le rétablissement du mécanisme ordinaire soulève-t-il pour l'avenir ?
Le rétablissement du mécanisme ordinaire pose la question de la fréquence à laquelle l'OMH soumettra de nouvelles révisions tarifaires à l'État et des critères de déclenchement retenus. La prévisibilité et la transparence de ce cadre réglementaire pour les usagers et les opérateurs du secteur constitueront le véritable test de sa robustesse.