La Réunion : un gérontopôle inauguré à Saint-Pierre pour piloter la politique publique du
Océanie

La Réunion : un gérontopôle inauguré à Saint-Pierre pour piloter la politique publique du

Un cadre institutionnel inédit à La Réunion pour coordonner la réponse publique au vieillissement de la population.

C’est à Saint-Pierre, dans le secteur de la technopole de La Réunion, que le gérontopôle du département a officiellement été inauguré, dotant le territoire d’un cadre institutionnel inédit pour piloter la réponse publique au vieillissement. L’Agence régionale de santé, la Caisse Générale de Sécurité Sociale, le Centre Hospitalier Universitaire, le Conseil départemental et la Région figurent parmi les financeurs et membres fondateurs de cette nouvelle entité.

La décision de créer cette structure découle d’une contrainte démographique que les institutions ne peuvent plus différer. D’ici 2050, un Réunionnais sur quatre aura 60 ans ou plus. Cette projection oblige les pouvoirs publics à anticiper des besoins croissants en matière de santé, d’accompagnement, de prévention, de formation des professionnels, ainsi que de recherche et d’innovation. Le gérontopôle constitue la réponse institutionnelle formalisée à cette pression structurelle.

Jean-Marc Eychène, président du nouveau dispositif, a situé l’initiative dans le périmètre du réseau national existant. “À l’instar des 11 gérontopôles de France, trois nouvelles structures ont vu le jour ces derniers mois en Martinique, dans le Grand-Est et donc à La Réunion. C’est une première sur le territoire”, a-t-il précisé. Cette extension traduit une décision délibérée de déployer un modèle éprouvé dans des territoires ultramarins jusqu’ici non couverts par le dispositif national.

Constitué sous la forme d’une association, le gérontopôle agrège des acteurs relevant de sphères complémentaires : institutionnels, sanitaires, médico-sociaux, sociaux, universitaires, économiques, usagers et associatifs. Cette architecture multi-acteurs répond à une logique de coordination que les pouvoirs publics entendent placer au coeur du dispositif. Selon Jean-Marc Eychène, la structure “vise à rassembler les experts autour du vieillissement pour pouvoir promouvoir le meilleur vieillissement possible sur le territoire.”

La dimension de gouvernance collective est centrale dans l’ambition affichée. “Il va apporter quelque chose de précieux. Il va rassembler et faire travailler les gens ensemble. Pas seulement les médecins et les soignants, mais aussi les acteurs du soin social, les acteurs de la recherche, les acteurs de la silver economy, tous les partenaires des entreprises qui peuvent travailler et oeuvrer pour les seniors, pour améliorer que ce soit l’habitat, que ce soit les automobiles, que ce soit la construction des salles de bains, etc.”, a détaillé le président du gérontopôle.

L’implication directe de l’Agence régionale de santé et du Conseil départemental parmi les membres fondateurs place la structure dans le champ des politiques publiques territoriales (avec les obligations de coordination et de reddition de comptes qui en découlent). La présence de ces institutions confère au gérontopôle une légitimité publique qui dépasse le cadre associatif formel.

La phase opérationnelle qui s’ouvre maintenant posera des questions précises : comment seront réparties les responsabilités entre les membres fondateurs, quels mécanismes de suivi permettront de vérifier l’atteinte des missions fixées, et selon quels critères les pouvoirs publics évalueront-ils la performance d’une structure dont ils sont à la fois financeurs et pilotes ?

Questions-réponses

Quelles institutions publiques figurent parmi les membres fondateurs et financeurs du gérontopôle de La Réunion ?

L'Agence régionale de santé, la Caisse Générale de Sécurité Sociale, le Centre Hospitalier Universitaire, le Conseil départemental et la Région figurent parmi les financeurs et membres fondateurs de la structure.

Quelles questions de gouvernance la phase opérationnelle du gérontopôle soulève-t-elle pour les pouvoirs publics ?

Les pouvoirs publics devront préciser la répartition des responsabilités entre membres fondateurs, définir les mécanismes de suivi permettant de vérifier l'atteinte des missions, et établir les critères d'évaluation de la performance d'une structure dont ils sont à la fois financeurs et pilotes.

Pourquoi les institutions réunionnaises ont-elles jugé nécessaire de créer cette structure à ce moment précis ?

La décision découle d'une contrainte démographique que les institutions ne peuvent plus différer : d'ici 2050, un Réunionnais sur quatre aura 60 ans ou plus, obligeant les pouvoirs publics à anticiper des besoins croissants en santé, accompagnement, prévention, formation et recherche.

Quelle est la place du gérontopôle de La Réunion dans le dispositif national ?

Selon Jean-Marc Eychène, président du gérontopôle, la structure s'inscrit dans le réseau des 11 gérontopôles de France et représente une première sur le territoire réunionnais, aux côtés de nouvelles structures récemment créées en Martinique et dans le Grand-Est.