L’IEDOM face aux signaux d’alerte : défaillances en hausse, emploi dégradé et inflation relancée à La Réunion au deuxième trimestre 2026
Le 31 août 2026, l’Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer (IEDOM) a rendu publiques ses Tendances conjoncturelles portant sur le deuxième trimestre 2026 à La Réunion. Ce rapport trimestriel, qui fait autorité pour l’analyse économique dans les départements et régions d’outre-mer, place les pouvoirs publics locaux et nationaux devant des indicateurs qui exigent une réponse coordonnée.
L’indicateur du climat des affaires (ICA), suivi de façon rigoureuse par l’institution, recule de 3,6 points pour s’établir à 100,1, soit son niveau de long terme. Ce retournement, documenté par l’IEDOM dans ses fonctions de veille conjoncturelle de référence, traduit une dégradation globale des conditions d’activité sur l’île.
La mécanique à l’origine de ce recul est clairement identifiée dans le rapport. La forte hausse des prix du carburant, enregistrée depuis le mois d’avril et atteignant 22,2 % en glissement annuel à fin juin, a relancé l’inflation à 1,5 % en glissement annuel à fin juin, contre 0,0 % à fin mars. Face à cette pression sur leurs coûts, une majorité d’entreprises réunionnaises a révisé ses prix de vente à la hausse, ce qui a freiné les déplacements de la population et pesé sur la fréquentation des commerces. Les versements de billets à l’IEDOM ont diminué de 2,5 % sur un an, un indicateur que l’institution interprète comme le signe d’un ralentissement des transactions en espèces.
C’est sur la question des défaillances d’entreprises que les responsabilités institutionnelles se posent avec le plus d’acuité. Pour le troisième trimestre consécutif, ces défaillances sont orientées à la hausse. Ce rythme persistant interroge directement sur l’adéquation des dispositifs d’accompagnement en vigueur, et sur la capacité des décideurs publics, locaux comme nationaux, à calibrer leurs réponses conjoncturelles à la mesure de la tendance documentée.
Le marché du travail confirme cette dégradation progressive. Après trois trimestres consécutifs de recul, le nombre de demandeurs d’emploi des catégories A, B et C repart à la hausse, avec une progression de 1,6 % sur trois mois. Le nombre de personnes en catégorie A, sans aucune activité, a crû de 1,4 % sur le trimestre. L’IEDOM précise que ce rebond s’observe également à l’échelle nationale, ce qui situe la dynamique réunionnaise dans un cadre hexagonal plus large et appelle une lecture des politiques d’emploi au niveau national autant que territorial.
Par contraste, deux secteurs résistent. Le tourisme affiche un trafic aérien en progression de 1,3 % en variation trimestrielle sur données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables. Le secteur des services se distingue également par sa résilience : ses entreprises sont les plus nombreuses à déclarer que la crise au Moyen-Orient n’a eu aucun impact sur leur activité. Les immatriculations de véhicules particuliers neufs ont progressé de 1,2 % en glissement annuel, après un premier trimestre en retrait.
Ces signaux positifs restent minoritaires dans l’ensemble du tissu économique insulaire. En tant qu’organe de référence pour les décideurs publics et les régulateurs économiques, l’IEDOM publie des données dont la portée dépasse le seul constat statistique. La question qui demeure ouverte est celle de la réponse concrète que les autorités compétentes entendent apporter à trois trimestres consécutifs de hausse des défaillances et à un marché du travail qui se détériore à nouveau.