L'Accor Arena rouvre ses portes au saut d'obstacles de haut niveau
Le saut d'obstacles de haut niveau retrouve une enceinte publique parisienne chargée d'histoire
L’équitation de haut niveau revient à l’Accor Arena, enceinte emblématique de Paris connue sous son ancien nom de Bercy, sous une bannière qui se veut la réunion des meilleurs chevaux au monde. Ce retour dans un palais omnisports géré comme une grande infrastructure publique porte une dimension institutionnelle forte : la capitale retrouve un rendez-vous qui a forgé l’histoire du saut d’obstacles français, et avec lui la mémoire des cavaliers qui y ont écrit les pages les plus marquantes de la discipline.
Pour les anciens de l’équipe de France, le lieu conserve un statut à part dans le calendrier. Hervé Godignon, médaillé de bronze par équipe aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, se souvient d’une atmosphère d’une intensité rare, mais aussi d’exigences particulières imposées aux concurrents et à leurs montures. « Je me souviens être dans le tunnel qui reliait la piste d’entraînement à celle de compétition et entendre le commentateur demander à la foule de se calmer. Après avoir entendu mon nom, comme celui de n’importe quel cavalier français, tout le public s’était mis à applaudir à tout rompre et à taper des pieds dans les gradins », raconte-t-il. Il fallait, dit-il, y être préparé, car les chevaux, peu habitués à tant de bruit au-dessus de leur tête, pouvaient vite paniquer.
Philippe Rozier, champion olympique par équipe à Rio en 2016, garde lui aussi une empreinte indélébile de cette enceinte. « Puis le rideau s’ouvrait et nous entrions en piste sous des acclamations inoubliables », poursuit-il. Sa première monture à Bercy remonte à la finale de la Coupe du monde en 1987, alors qu’il n’avait que 24 ans. « J’avais 24 ans et je n’avais jamais vu ça de ma vie. À chacun des obstacles, j’avais 15 000 personnes qui sautaient avec moi. Avec mon cheval, nous étions portés par le public. Depuis, j’en ai vécu des choses, mais je n’ai plus jamais ressenti rien de tel. Il y avait quelque chose de magique dans cette enceinte. Bercy est magique. »
Ce souvenir partagé par toute une génération de cavaliers s’articule autour d’un nom qui dépasse le sport lui-même : Jappeloup. Thierry Rozier, frère de Philippe et ancien cavalier de l’équipe de France, le rappelle volontiers. « Les moments les plus forts restent néanmoins liés à Jappeloup », glisse-t-il. Le cheval de Pierre Durand attirait alors Paris tout entier, au point que sa performance en Coupe du monde à Bercy, en 1986, avait fait l’ouverture du journal télévisé de 13 heures. « Souvenez-vous, en 1986, sa performance en Coupe du monde à Bercy avait fait l’ouverture du JT de 13 heures ! Ce n’était quand même pas rien », rappelle-t-il.
Le retour de la discipline dans cette salle pose ainsi la question du rôle d’une grande enceinte parisienne dans la vie sportive nationale. Au-delà du spectacle, un tel rendez-vous témoigne de la capacité d’un équipement majeur à accueillir des disciplines exigeantes, où la sécurité des chevaux et la gestion du public relèvent de véritables exigences d’organisation, comme en témoignent les précautions décrites par les cavaliers eux-mêmes. La promesse affichée, rassembler les meilleurs chevaux du monde, place la barre haut pour l’organisation, tenue de tenir la comparaison avec un passé dont les figures comme Godignon et les frères Rozier rappellent l’ampleur.
Pour un public qui n’a pas connu l’époque de Jappeloup, ce retour offre l’occasion de renouer avec une tradition dont les acteurs d’hier décrivent, presque quarante ans plus tard, la puissance intacte. « Il y avait quelque chose de magique dans cette enceinte », résume Philippe Rozier, dont les mots serviront de référence à ceux qui découvriront la piste de l’Accor Arena à leur tour.
Questions-réponses
Quelle dimension institutionnelle porte le retour du saut d'obstacles à l'Accor Arena ?
Ce retour dans un palais omnisports géré comme une grande infrastructure publique témoigne de la capacité d'un équipement majeur à accueillir des disciplines exigeantes et relance un rendez-vous qui a forgé l'histoire du saut d'obstacles français.
Quelles exigences d'organisation l'événement impose-t-il ?
La sécurité des chevaux et la gestion du public relèvent de véritables exigences d'organisation : les chevaux, peu habitués au bruit des gradins, pouvaient vite paniquer, ce qui imposait aux concurrents d'être préparés.
Quelle promesse l'organisation affiche-t-elle et qu'est-ce qu'elle implique ?
L'organisation promet de réunir les meilleurs chevaux au monde, ce qui place la barre haut et la tient de tenir la comparaison avec un passé dont les figures comme Godignon et les frères Rozier rappellent l'ampleur.
Quel souvenir historique marque ce rendez-vous parisien ?
La performance de Jappeloup, le cheval de Pierre Durand, en Coupe du monde à Bercy en 1986 avait fait l'ouverture du journal télévisé de 13 heures, et Philippe Rozier y a disputé la finale de la Coupe du monde en 1987 devant 15 000 personnes.