Lycées de La Réunion : nouvelle mobilisation mardi, 17 sites touchés
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Lycées de La Réunion : nouvelle mobilisation mardi, 17 sites touchés

Lycéens, académie et syndicats se préparent à une nouvelle journée d'action

Une nouvelle journée d’action lycéenne est fixée au mardi 6 octobre à La Réunion, après deux journées de mobilisation qui ont touché 17 établissements de l’académie. Jeudi et vendredi derniers, les manifestations ont eu lieu aux quatre coins de l’île et des incidents s’y sont produits en marge : 26 mineurs ont notamment été interpellés. La journée de ce lundi 5 octobre reste elle-même incertaine, alors que le mouvement tente de s’installer dans la durée.

Côté institutions, la réponse s’organise déjà. Dans l’Hexagone, 400 à 500 établissements devraient être totalement ou partiellement fermés ce lundi 5 octobre, a indiqué le ministre de l’Education nationale, certains pouvant assurer les cours en distanciel. À La Réunion, certains établissements seront placés sous étroite surveillance : un arrêté préfectoral autorise la prise d’images par drone ce lundi dans les communes de Saint-André, Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Marie, Saint-Louis, Le Tampon et Saint-Benoît. Après les débordements, le préfet a également pris, vendredi 2 octobre, un arrêté interdisant tout rassemblement, manifestation ou cortège aux abords du lycée professionnel agricole Angélo Lauret, à Saint-Joseph, jusqu’au mercredi 7 octobre.

L’académie, de son côté, a annoncé vendredi dernier qu’elle resterait vigilante ces lundi et mardi. Une attention particulière est accordée à la sécurisation des établissements, indiquait Yacin Karim, directeur académique adjoint des services de l’Education nationale de La Réunion, la sécurité des élèves, des enseignants et des personnels restant la priorité. Un dialogue a été entamé avec les lycéens en fin de semaine dernière : ceux-ci ont pu porter leurs revendications concernant la chaleur dans les bâtiments, les problèmes de restauration scolaire, l’organisation des emplois du temps, le manque de professeurs, les classes en sureffectif ou encore l’interdiction des téléphones portables. Une plateforme ministérielle doit par ailleurs être mise en ligne au niveau national ce lundi 5 octobre pour collecter les doléances des lycéens.

Sur le plan des mesures, le ministre de l’Education nationale a annoncé vendredi 2 octobre un plan d’action pour accélérer le remplacement des enseignants. Des annonces jugées insuffisantes pour calmer la colère des lycéens, mais qualifiées de “première étape” par le porte-parole de la fédération des parents d’élèves de l’enseignement public. Ce lundi, des représentants de parents d’élèves doivent être reçus pour un “temps d’échange” avec l’académie, les parents étant appelés à s’impliquer auprès de leurs enfants et à être vigilants à leur sécurité.

Pendant ce temps, les lycéens eux-mêmes structurent leur mouvement. Pour éviter que la mobilisation ne s’essouffle, certains élèves ont profité du week-end pour s’organiser. Des groupes ont été créés sur les réseaux sociaux afin de cadrer et de coordonner les actions à venir, dont des marches sont notamment envisagées. L’objectif affiché est clair : ne pas laisser le mouvement être décrédibilisé par les casseurs. Pour les “leaders” des différents établissements, il s’agit avant tout de “bien faire les choses” et de “mettre une prévention”. Des groupes “sécurité”, “propreté” et autres ont donc été créés.

« Notre but, c’est de montrer qu’on est là, d’avoir des pancartes en masse, sans dégrader les lieux ou quoi que ce soit, mais juste être présent. C’est l’union qui fait la force », explique Manon, élève au lycée Ambroise Vollard, à Saint-Pierre.

Conscients que les vacances scolaires approchent, les lycéens cherchent à “faire vivre” la mobilisation et à l’inscrire dans un temps long, pour que leurs demandes soient entendues et que des réponses soient apportées. « On a conscience que le combat va durer au moins deux ans. Si on ne fait pas ça maintenant, ça sera trop tard », souligne Djélys, élève au lycée Antoine de Saint-Exupéry, aux Avirons. Dans des établissements du Sud notamment, des représentants d’élèves ont d’ailleurs été reçus par des proviseurs pour discuter des revendications. Le détail de la couverture du mouvement est repris par le site Outre-mer La 1ère, consultable à cette adresse : https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/appel-national-a-la-mobilisation-mardi-6-octobre-comment-les-lyceens-de-la-reunion-structurent-leur-mouvement-sur-les-reseaux-sociaux-1744758.html

Les syndicats enseignants locaux, eux, ne se sont pas officiellement positionnés. Des réunions internes devraient avoir lieu ce lundi pour déterminer si un soutien sera apporté ou non à l’appel à la mobilisation nationale du mardi 6 octobre. « Pour le Snalc, manifester ce n’est pas créer du désordre, empêcher les autres élèves d’aller en classe, et encore pire de violenter de manière très très vive des personnels de l’Education nationale », insiste Guillaume Lefèvre, président du Snalc Réunion.

La mobilisation tiendra-t-elle au-delà des vacances scolaires, alors que le plan d’action ministériel sur le remplacement des enseignants ne semble pas avoir suffi à apaiser le mouvement ?

Questions-réponses

Quand la nouvelle journée de mobilisation lycéenne a-t-elle lieu à La Réunion et combien d'établissements ont déjà été touchés ?

Elle est fixée au mardi 6 octobre, après deux journées de mobilisation ayant touché 17 établissements de l'académie, avec 26 mineurs interpellés en marge des manifestations.

Que comprend le plan d'action annoncé par le ministre de l'Education nationale et comment est-il perçu ?

Il porte sur l'accélération du remplacement des enseignants ; il est jugé insuffisant pour calmer la colère des lycéens mais qualifié de première étape par le porte-parole de la fédération des parents d'élèves.

Quelles mesures préfectorales ont été prises après les débordements ?

Un arrêté préfectoral autorise la prise d'images par drone dans huit communes (Saint-André, Saint-Denis, Saint-Pierre, Saint-Paul, Sainte-Marie, Saint-Louis, Le Tampon et Saint-Benoît), et un arrêté du 2 octobre interdit tout rassemblement aux abords du lycée professionnel agricole Angélo Lauret jusqu'au 7 octobre.

Quelles sont les principales revendications des lycéens ?

La chaleur dans les bâtiments, les problèmes de restauration scolaire, l'organisation des emplois du temps, le manque de professeurs, les classes en sureffectif et l'interdiction des téléphones portables.