La DAAF intensifie ses contrôles : cinquante inspections bananières menées à La Réunion en
Océanie

La DAAF intensifie ses contrôles : cinquante inspections bananières menées à La Réunion en

La DAAF mobilise un arsenal réglementaire pour protéger La Réunion contre la fusariose TR-4.

La DAAF pilote la surveillance phytosanitaire à La Réunion : plus de cinquante inspections réalisées en 2025

La Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt (DAAF) de La Réunion a conduit plus d’une cinquantaine d’inspections de parcelles bananières depuis le début de l’année 2025. Ces contrôles s’inscrivent dans un dispositif réglementaire activé face à la progression du fusarium oxysporum, champignon responsable de la fusariose TR-4, déjà implanté dans plusieurs pays voisins de l’île.

C’est la DAAF qui assure le pilotage opérationnel de cette veille sanitaire. Son chef adjoint du service alimentation, Laurent-Xavier Delmotte, a rappelé que le champignon “conduit au dépérissement des bananiers” et présente une capacité de persistance exceptionnelle : il “peut survivre jusqu’à une trentaine d’années sous forme de spores”. Une durée de vie qui rend son éventuelle introduction particulièrement difficile à gérer une fois le territoire contaminé.

Le cadre juridique applicable est précis. Un arrêté préfectoral interdit strictement l’introduction de végétaux dans les bagages de tout passager entrant sur le territoire réunionnais, qu’il arrive par voie aérienne, maritime ou de plaisance. Selon Laurent-Xavier Delmotte, cette interdiction couvre les “fruits, légumes, plantes, parties de plantes, semences, graines, etc.” Les services sanitaires appliquent cet arrêté à travers des contrôles portant aussi bien sur le fret commercial que sur les bagages personnels.

La menace que ce dispositif entend conjurer n’est pas théorique. La fusariose TR-4 a déjà été détectée à Mayotte, aux Comores, en Inde, en Asie du Sud et en Afrique de l’Est. La Réunion demeure indemne, et les autorités attribuent explicitement ce statut à l’efficacité de l’action réglementaire en cours, non à une quelconque immunité naturelle de l’île.

Sur le terrain, le bilan reste provisoirement rassurant. “En 2025, on a effectué un peu plus d’une cinquantaine d’inspections de parcelles de bananes, pour voir s’il y avait ou non des symptômes de cette maladie. Jusqu’à ce jour, nous n’en avons pas détecté”, a déclaré Laurent-Xavier Delmotte. Ce résultat n’a pas conduit les autorités à alléger leur vigilance.

La réglementation phytosanitaire impose par ailleurs des obligations comportementales aux voyageurs quittant l’île. La DAAF recommande de “bien nettoyer le dessous de ses chaussures, de les désinfecter, d’enlever la terre et les fragments de sol” avant tout départ. Cette consigne cible un vecteur souvent sous-estimé : l’introduction passive de spores présentes dans les sols étrangers.

Du côté de la détection, les agents de la DAAF s’appuient sur des indicateurs cliniques identifiés. Un jaunissement et un flétrissement des feuilles constituent les premiers signes visibles à la surface. L’examen interne du tronc révèle, dans les cas avérés, “une forme de vascularisation de couleur brune ou rouge”. L’ensemble de la plante contaminée devient alors vecteur de transmission, “que ce soit ses parties grimpantes comme le tronc ou les feuilles, ou les bananes dans une moindre mesure.”

Le dispositif institutionnel repose aussi sur un mécanisme de signalement citoyen que la DAAF cherche à renforcer. “Il est important d’avoir un oeil attentif sur l’apparition de nouveaux symptômes. Quand on a un doute, il ne faut pas hésiter à le signaler à la FDGDON ou à la DAAF de La Réunion”, a insisté Laurent-Xavier Delmotte. Ce canal de remontée d’information constitue un maillon reconnu du dispositif de protection phytosanitaire officiel.

Pour le contexte régional dans lequel s’inscrit cette surveillance, les autorités sanitaires réunionnaises ont détaillé leur position sur https://la1ere.franceinfo.fr/reunion/les-autorites-sanitaires-de-la-reunion-vigilantes-face-a-la-fusariose-champignon-ravageur-de-bananiers-present-dans-la-zone-1733342.html.

L’enjeu pour la DAAF est à la fois économique et réglementaire. Préserver la filière bananière locale suppose de coordonner trois leviers distincts : le contrôle aux points d’entrée du territoire, la surveillance directe des parcelles agricoles, et la sensibilisation des résidents à leurs obligations sanitaires lors de leurs déplacements. L’efficacité du système repose en grande partie sur le respect collectif de l’arrêté préfectoral en vigueur. La question qui demeure ouverte est celle de la montée en charge : dans quelle mesure les ressources d’inspection actuelles permettront-elles de maintenir cette cadence de contrôle si la pression aux frontières s’intensifie avec l’avancée du champignon dans la région ?

Questions-réponses

Quel cadre juridique régit la surveillance phytosanitaire à La Réunion contre la fusariose TR-4?

Un arrêté préfectoral interdit strictement l'introduction de végétaux, fruits, légumes, plantes, semences et graines dans les bagages de tout passager entrant sur le territoire réunionnais, que ce soit par voie aérienne, maritime ou de plaisance. Les services de la DAAF appliquent cet arrêté aux contrôles du fret commercial comme des bagages personnels.

Quel bilan la DAAF tire-t-elle de ses inspections de parcelles bananières en 2025?

La DAAF a effectué plus d'une cinquantaine d'inspections de parcelles bananières depuis le début de l'année 2025. Selon Laurent-Xavier Delmotte, chef adjoint du service alimentation, aucun symptôme de fusariose TR-4 n'a été détecté à ce jour, bien que les autorités maintiennent leur niveau de vigilance.

Quelles obligations réglementaires s'imposent aux résidents quittant La Réunion?

La réglementation phytosanitaire impose aux voyageurs de bien nettoyer le dessous de leurs chaussures, de les désinfecter et d'enlever la terre et les fragments de sol avant tout départ. Cette consigne vise à prévenir l'introduction passive de spores présentes dans des sols étrangers.

Comment le dispositif institutionnel intègre-t-il le signalement citoyen?

La DAAF encourage les résidents à signaler tout symptôme suspect à la FDGDON ou à la DAAF de La Réunion. Ce canal de remontée d'information est reconnu comme un maillon officiel du dispositif de protection phytosanitaire, aux côtés des contrôles aux points d'entrée et de la surveillance directe des parcelles agricoles.