FFKM dévoile le calendrier officiel de la concertation nationale à Madagascar
Le FFKM structure un processus de concertation en sept mois, sous surveillance institutionnelle et régionale.
Le FFKM pose un cadre institutionnel pour piloter la transition malgache
C’est une semaine exactement après le sommet de la SADC à Durban, où les dirigeants régionaux avaient affiché leur soutien à Madagascar, que le Conseil oecuménique des Églises chrétiennes, le FFKM, a rendu public le calendrier officiel de la concertation nationale. L’annonce marque la mise en mouvement formelle d’un processus attendu depuis des mois par l’ensemble des acteurs politiques et civiques du pays, près d’un an après le renversement du président Andry Rajoelina en octobre dernier.
La cérémonie de dévoilement n’était pas anodine sur le plan institutionnel. Elle réunissait le Premier ministre, le président de la Haute Cour constitutionnelle et le président de la Commission électorale nationale indépendante, la Céni. Ces trois figures d’autorité, issues respectivement du pouvoir exécutif, de la juridiction constitutionnelle suprême et de l’organe de supervision électorale, conféraient à l’annonce un poids politique difficile à ignorer. Leur présence simultanée suggère un niveau d’adhésion institutionnelle qui reste néanmoins à confirmer dans la durée.
Le pilotage du processus est confié à des pasteurs désignés coordonnateurs par le FFKM. Ce dispositif de gouvernance, placé sous l’autorité morale de l’institution religieuse, vise à recueillir la parole des citoyens sur l’ensemble du territoire national. Selon le calendrier publié, les consultations se dérouleront de septembre à mars, d’abord au niveau local et régional, avant de remonter à l’échelle nationale, soit un processus s’étalant sur sept mois. L’ampleur du séquençage retenu dit quelque chose sur l’étendue des enjeux que les organes de pilotage entendent couvrir.
La question de la restitution des résolutions est directement articulée aux prochaines échéances électorales. Cette restitution interviendra après mai 2027, juste avant le référendum portant sur le futur cadre constitutionnel du pays. Ce scrutin, dont l’organisation est prévue entre mai et juillet 2027, a été annoncé par le colonel Michael Randrianirina, président de la Refondation de la République de Madagascar. Le séquençage retenu entre la concertation et le référendum dessine une architecture de gouvernance transitionnelle dans laquelle la légitimité populaire est censée précéder et informer la réforme institutionnelle, et non l’inverse.
Autre décision structurelle: la participation désormais actée du mouvement Gen Z au comité exécutif chargé de piloter le processus. Ce mouvement réclamait depuis plusieurs mois le lancement effectif de la concertation nationale. Son intégration au sein de l’organe de pilotage élargit la composition du comité au-delà des cercles institutionnels traditionnels et reconnaît formellement un acteur qui avait exercé une pression constante sur le processus. C’est une concession de gouvernance, pas seulement un geste symbolique.
En précisant les délais, les niveaux de consultation et les modalités de restitution, le FFKM a posé un cadre opérationnel auquel les différentes parties prenantes, qu’elles soient institutionnelles, politiques ou civiques, pourront désormais être tenues de répondre. Le processus s’inscrit dans un contexte où la gouvernance de transition malgache demeure sous surveillance régionale et internationale, comme l’a illustré le sommet de Durban.
La réussite du chantier dépendra de la capacité des organes de pilotage à maintenir un processus inclusif et transparent sur l’ensemble des sept mois prévus. La question qui se posera dès septembre est de savoir si l’adhésion institutionnelle affichée lors de la cérémonie d’annonce se traduira par une coopération effective sur le terrain, ou si les tensions propres à toute transition viendront fragiliser un calendrier que ses concepteurs ont voulu, avant tout, irréfutable.
Questions-réponses
Quelles autorités institutionnelles étaient présentes lors de la cérémonie de dévoilement du calendrier ?
Le Premier ministre, le président de la Haute Cour constitutionnelle et le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) étaient présents, représentant respectivement le pouvoir exécutif, la juridiction constitutionnelle suprême et l'organe de supervision électorale.
Quel est le séquençage retenu entre la concertation nationale et le référendum constitutionnel ?
Les consultations se dérouleront de septembre à mars sur sept mois, du niveau local au niveau national. La restitution des résolutions interviendra après mai 2027, juste avant le référendum constitutionnel prévu entre mai et juillet 2027.
Qui pilote opérationnellement le processus de concertation et sous quelle autorité ?
Le processus est confié à des pasteurs désignés coordonnateurs par le FFKM, placé sous l'autorité morale de cette institution religieuse, avec un comité exécutif élargi incluant désormais le mouvement Gen Z.
Dans quel contexte régional et international s'inscrit la publication de ce calendrier ?
L'annonce intervient une semaine après le sommet de la SADC à Durban, où les dirigeants régionaux avaient affiché leur soutien à Madagascar, soulignant que la gouvernance de transition malgache demeure sous surveillance régionale et internationale.