Madagascar: une enquête ouverte après de nouveaux survols de drones ciblant le président de la transition
La présidence de la République de Madagascar a ouvert une enquête formelle à la suite du survol répété du convoi du chef de l’État par des drones non identifiés à Antananarivo. Dans un communiqué officiel, l’institution a confirmé les faits et annoncé le renforcement des dispositifs de sécurité, soulevant des questions pressantes sur les protocoles de protection en vigueur et sur la capacité des organes compétents à identifier les responsables.
Vendredi soir, deux drones ont suivi le véhicule du colonel Michaël Randrianirina, président de la transition, alors qu’il circulait dans la capitale. La garde présidentielle a ouvert le feu sur les appareils, sans les atteindre: ils volaient à une altitude trop élevée. Le chef de l’État est arrivé à son domicile sain et sauf. La présidence a précisé que la sécurité de sa résidence est désormais en cours de renforcement, sans fournir de détails sur les modalités exactes du dispositif retenu.
L’incident n’est pas isolé.
La veille, un premier drone avait déjà été signalé en train de suivre le convoi présidentiel avant de s’en éloigner. En qualifiant les faits du vendredi de “nouvel incident”, la présidence reconnaît implicitement un schéma répété qui met à l’épreuve les protocoles sécuritaires encadrant le chef de la transition.
Ce schéma s’inscrit dans une série d’alertes institutionnelles antérieures. En avril 2026, la présidence avait annoncé le survol de cinq drones au-dessus de la résidence présidentielle, un épisode qu’elle avait alors qualifié de tentative d’assassinat. Un mois plus tôt, en mars 2026, treize personnes, dont un général des forces armées, avaient été inculpées dans une affaire de complot présumé contre le chef de l’État. Ces deux précédents tracent une ligne de responsabilité institutionnelle que les autorités malgaches n’ont pas encore pleinement élucidée.
Ce qui demeure central, c’est l’absence totale de communication sur l’origine des appareils. La présidence n’a fourni aucune indication à ce sujet, ce qui soulève des interrogations sur l’état d’avancement des investigations précédentes et sur la capacité des services de sécurité compétents à remonter jusqu’aux commanditaires présumés. L’enquête ouverte à la suite de ce dernier incident devra déterminer qui opérait ces drones, selon quel mandat et dans quel but, autant de questions que l’institution n’a pas encore été en mesure de trancher publiquement. Des éléments de contexte supplémentaires ont été relayés par la correspondante à Antananarivo sur le site de RFI, à l’adresse https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260704-madagascar-enqu%C3%AAte-ouverte-apr%C3%A8s-des-survols-de-drones-visant-le-pr%C3%A9sident-de-la-transition
La récurrence des survols, conjuguée à l’inculpation antérieure d’un militaire de haut rang, pose directement la question de l’intégrité de la chaîne de commandement chargée de la protection du président et, plus largement, de la cohésion des appareils de sécurité de l’État. À ce stade, ni les services de renseignement ni aucun autre organe institutionnel n’ont pris la parole publiquement pour préciser les contours de l’enquête en cours ou les mesures de surveillance aérienne envisagées. La transparence reste, pour l’heure, très limitée, et la question de savoir si les investigations aboutiront à des mises en cause formelles demeure entière.